Derrière notre immense lilas, j’ai mis en terre deux petits arbustes dont les petits fruits à maturité deviendront bleus. Le bleuet sauvage est semble-t-il un super aliment aux propriétés bienfaisantes. Ils ne poussent pas seulement à Brossard ou au Lac Saint-Jean, mais aussi dans ma Côte-Nord natale.

Dans mon souvenir de jeune fille, ils finissaient dans de grands seaux blancs qu’avaient remplis mon grand-père Johnny et après quelques heures à embaumer la cuisine du Canton Arnaud, ils terminaient en confiture sur du pain maison tout chaud ou dans de délicieuses tartes.

La veuve K. ou la vie de château
par Marie-Françoise Chevallier Le Page

Résumé:
Veuve depuis peu, Madame K., la cinquantaine alerte, reçoit une mystérieuse invitation destinée à son défunt mari. Par curiosité et par amour du jeu, elle décide de s’y rendre sous un nom d’emprunt…

C’est le début d’une série de péripéties burlesques donnant lieu à d’étonnantes rencontres mettent en scène maîtres, invités et valets aux prises avec la vie de château.

Sorti le 9 février 2017 aux éditions de la Safranède

Genre: Romance, humour, suspense

Ce que j’en ai pensé:

J’ai bien aimé le premier roman de Marie-Françoise Chevalier Le Page. Ce qui semblait au départ, un roman léger s’est avéré un suspense bien mené et rempli d’humour. Connaissons nous tout de la vie de celui qui partage notre vie? Même au delà de la mort Madame K en apprendra. Le personnage de la veuve est attachant.

***1/2 sur 5

 

 

Notre potager compte huit plants de tomates. L’an dernier j’en avais deux et la récolte avait été pathétique. Cette fois, chaque plant regorge de promesses, ces petites fleurs jaunes sur lesquelles un petit fruit se gonflera de soleil. J’aime les cueillir encore chaudes comme des touristes effrontés étendus sur la plage. Je les tranche et les arrose d’huile d’olive. Après je saupoudre quelques feuilles de basilic finement hachées.

Un délice!

24 juin, journée en l’honneur du Québec et des Québécois. En cette année électorale, je manque d’enthousiasme en regard de l’avenir de ma nation. J’en viens à me demander ce que je ferai de mon vote. Je suis comme une catholique des années soixante-dix, remplie de doutes.

Mon chéri me répète: si à vingt ans tu n’es pas de gauche, tu n’as pas de cœur, mais si à cinquante ans tu n’es pas de droite, tu n’as pas de tête. Si l’on prend en compte la définition de la droite québécoise, je ne suis pas loin de lui donner raison. J’ai l’impression de payer de plus en plus d’impôt et de recevoir de moins en moins en échange.   J’avance en âge et je m’inquiète des ratées du système de santé. Il ne s’agit pas d’avoir un médecin de famille il faut encore pouvoir le voir lorsque nécessaire.

Lorsque l’on se promène dans les rues de Montréal, la tête levée vers le ciel,  les nombreuses grues nous rappellent la prospérité actuelle. Nos problèmes ne sont pas économiques mais organisationnels. Le Québec est comme ses routes: en reconstructions. On sent que de grandes choses sont à venir. Qui sera l’artisan de ces changements? Qui nous sortira de cette inertie?

Après avoir collectionné quelques tampons dans mon passeport, je demeure persuadée qu’il y a pas d’endroit plus agréable à vivre, entre autres parce que c’est ici que sont les gens que j’aime.

 

J’erre seule à la recherche du premier mot,
et je me répands dans le silence.
D’où me viendra ce mot?
On me le murmurera à l’oreille
ou il est déjà là, à attendre sagement la permission de se transformer en phrase?

Derrière ces mots se cachent mes émotions, mes opinions et parfois,
je me moque gentiment en empruntant la vie d’autres personnages,
schizophrène heureuse ou actrice revêtue de mes textes.

Tous les jours, je me lance sans filet,
espérant trouver un sujet qui saura vous toucher,
des histoires que je susurrerai,
des histoires qui m’habitent depuis longtemps
et qui ne souhaitent que prendre forme sous ma plume.

Je me dédouble, deviens écrivaine, me mets à rêver
de surpasser ce sentiment d’imposteur,
à rêver que l’effort d’écrire se transforme en plaisir.

Et là, je couche sur le papier des mots que j’espère éloquents, intrigants,
leur assemblage en phrases les rend déjà plus forts,
le rythme des phrases m’emporte.

Lorsque mes textes sont terminés, ils ne m’appartiennent plus,
vous les attrapez et les faites revivre à votre façon,
la solitude n’est plus là,
il y a moi, le texte et vous

J’ai passé la journée de mon anniversaire à m’exercer à écrire. La question du jour était: comment une riche famille anglophone passait les mois d’été en 1898? J’ai hésité entre le Bas Saint-Laurent et Charlevoix. D’un côté ou l’autre du fleuve les riches Canadiens et Américains s’offraient des vacances dans de belles et grandes maisons. Il paraît même que la famille d’un ancien président américain passait ses vacances à Pointe-au-Pic. Ma nostalgie naturelle a englobé plus grand que moi. J’ai bien l’impression que l’écriture de ce roman me propulsera dans les souvenirs profonds du Québec…j’adore!

J’ai surtout constaté que comme dans la chanson de Paul Piché:

L’été, c’est tellement bon quand t’as la chance
D’avoir assez d’argent pour voyager sans t’inquiéter
Pour le fils d’un patron, c’est les vacances
Pour la fille du restaurant, c’est les sueurs pis les clients

 

J’ai passé toute l’année à appréhender cette journée, comme si cette nouvelle dizaine sur mon gâteau d’anniversaire serait plus lourde que les quatre qui l’avaient précédée. Je l’ai enrobée d’une longue réflexion sur ma vie qui a abouti en un bilan en deux colonnes.  C’est quand même long 50 ans, j’en ai fait des choses, mais j’ai encore tellement de choses à vivre. J’avais besoin de temps et peu importe les conséquences je m’offre ce temps. Ce projet d’écriture devient vital. Cette fin de semaine, j’ai marqué le coup entouré des miens. J’ai reçu la dose d’amour nécessaire et le courage pour remplir les pages de mon livre, celui dont je rêve depuis si longtemps.

Je vous disais dans mon dernier billet que l’histoire commençait en 1898, lorsque les frères Clarke arrivaient sur la Côte-Nord en goélette et bien laissez-moi vous raconter une anecdote. J’ai reçu en cadeau, le livre écrit par mon beau-frère, Mario Bergeron (2 frères au Klondike…), on ne se connaît pas encore beaucoup mais nous avons en commun d’être tombés en amour avec le frère et la sœur Douville, et bien son histoire débute en 1898, avec son ancêtre Pierre Guévin qui a tenté la ruée vers l’or au Klondike.  Parions que les frères Clarke croiseront d’une façon ou d’une autre le fameux Pierre.

« La goélette glissait sur l’eau du fleuve. Du rivage, on aurait dit un grand oiseau blanc aux ailes déployées, le plus grand des goélands qui jouait avec les baleines du fjord. C’était une majestueuse deux mâts, fabriquée à l’île aux coudes. Elle s’appelait la Catherine-Marie du nom de leur mère, Catherine-Marie Scallion. »

Premier juin, j’ai trop hâte, dans trois semaines, je m’installe à résidence pour écrire. J’ai sur ma table de travail plusieurs projets d’écriture, au moins cinq. Depuis les derniers jours, il y en a un qui a pris le devant du peloton, c’est l’histoire d’un petit village de la Côte-Nord du Québec. D’une certaine manière, il m’accompagne dans tous mes voyages puisqu’il est inscrit sur mon passeport: Clarke City.  J’y suis née, mon père y a vécu. C’était un village autour d’un moulin de pâte et papier, un village fermé, inventée au début des années 1900 par les frères Clarke, les éditeurs de l’Encyclopédie Britannica.

Mon plan se dessine peu à peu, il s’agira d’une fiction débutant en 1898, librement inspirée de l’histoire du village. Reste à déterminer la part de vérité et de fiction. Je compte m’inspirer des histoires de mon père, qui malgré son peu de talent pour la pêche à une imagination assez fertile lorsque vient le temps d’améliorer les anecdotes.

D’ici là, je m’apprête à entrer dans la cinquantaine, une nouvelle étape qui fera de moi, enfin, une femme mûre.

 

Le Québec est un curieux endroit où vivre. En mai, pour s’acclimater, les plants du potager se transforment en animaux de compagnie que vous devez sortir de la maison au lever du soleil et rentrer avant la rosée du soir.

Je t’oublie pas
Par Sébastien Didier

Sortie le 3 avril 2018

Auto-édité via la plateforme Stories by Fyctia
450 pages env.
Disponible sur tous les stores numériques : Amazon, Kobo, Google Play, iBooks, Cultura, Decitre, Bookeen, Mollat…

Genre: Policier, Thriller

Résumé:
Un seul SMS aura suffi à faire basculer la vie de Marc Vasseur. Un SMS de rupture. Mais pourquoi sa femme quitterait-t-elle du jour au lendemain une famille et une vie en tous points idylliques ?

L’enquête piétine. Et ce ne sont pas les voisins des Vasseur à Bellevue Park qui la feront avancer. Dans ce luxueux lotissement privé, discrétion et silence ont été érigés en art de vivre.

Trois mois après la disparition de Sandra, Marc reçoit un message accompagné d’une photo. Celle d’une jeune fille qu’il n’a jamais vue mais qui arbore un médaillon. Ce bijou, il le reconnaît, il en est sûr, c’est celui que portait Sandra. Celui qu’elle ne quittait jamais.
Que fait-il au cou de cette inconnue ? A-t-elle un lien avec la disparition de sa femme ?
Marc lance alors ses dernières forces à la recherche de cette fille. Et c’est un voyage au plus profond de la noirceur de l’âme humaine qui l’attend.

Ce que j’en ai pensé:

Ce premier roman de Sébastien Didier est assurément un suspense qui vous tiendra en haleine pendant ses quelque 400 pages, c’est d’ailleurs la plus grande qualité de ce récit.

Marc Vasseur vit avec sa femme Sandra et leur fille Lisa dans un lotissement français de grands luxes où la haute technologie et la grande sécurité enveloppement sa famille dans un cocon. C’est pour lui, comme pour les autres propriétaires de ce club sélect, la preuve de la réussite professionnelle. Tout ceci n’empêchera pas sa femme de disparaître en ne laissant qu’un texto comme trace de leur rupture.

Les personnages sont relativement attachants, la famille Vasseur: Marc, Robert et Lisa et  le détective Lombardier. Malgré le rythme rapide du récit qui m’a entraîné sans ennui du début à la fin, je n’ai pu qu’être agacée par plusieurs éléments d’invraisemblances.

Premièrement, nous apprenons assez tôt dans le récit que des événements fondateurs sont survenus il y a 20 ans. Quelques calculs nous laissent très sceptiques sur ce détail non négligeable. Sandra aurait été âgée de 16 ans, alors que l’on décrit Sandra comme une femme dans la quarantaine. De plus, au moment de sa disparition Sandra est professeur d’université et est mère d’une adolescente de seize ans. D’autre part, dans les premières pages du récit, un autre élément me laisse perplexe:

Il était rentré à la villa, abattu, sonné, groggy tel un boxeur dans les cordes.  Sa femme le quittait. Quinze ans de vie commune balayée à la vitesse de ses pouces sur l’écran de son IPhone.

De plus, les références musicales dont celle qui est une des clés à l’énigme laisse entrevoir que le personnage de Sandra est beaucoup plus une femme dans la quarantaine et que les événements fondateurs du récit sont arrivés il y a au moins 25-30 ans plus tôt.

Deuxièmement, le texto (SMS) de rupture signé par Sandra, qui est également une clé à l’énigme est un peu maladroit puisqu’à ma connaissance , personne ne signe un texto à moins d’écrire à un inconnu.

Troisièmement, que s’est-il passé pendant les trois premiers mois de la disparition?  On ne sait pas. Cela donne l’impression que personne n’a réagi.  Pourtant, le récit se déroule dans une courte période à peine quelques jours que l’auteur se donne même la peine de scinder à l’aide d’un chronomètre heure et minute. Alors pourquoi ce délai de trois mois?

Finalement, le récit fait beaucoup trop de placement de produits, étalant sans raison les marques de véhicule ou ceux des objets de luxe, il me semble qu’une description plus subtile de la richesse aurait eu un impact plus grand sur l’histoire.

Malgré le ton un peu sévère de ma critique, j’ai hâte de lire à nouveau Sébastien Didier qui me semble un auteur prometteur.

***/5

 

Je suis à l’aéroport. Je ne pars pas, j’attends mon chéri. Il a manqué le début du printemps.

J’aime beaucoup les arrivées à Montréal-Trudeau, nous sommes des dizaines installés derrière des cordes de sécurité et nous attendons, la plupart d’entre nous, avec le sourire, certains ont même de jolis bouquets de fleurs. Nous étirons le cou dans l’espoir de reconnaître l’être aimé, parmi les voyageurs devançant de quelques pas les roulettes de leur valise qui les suit comme un enfant docile qui leur tient la main. À cette période de l’année, il est facile de deviner, par leurs chaussures ou par la longueur de leurs bas, si les voyageurs sont ou non en provenance du Sud, la couleur hâlée de leur peau vient confirmer le tout.

Le plus beau ce sont les retrouvailles, une reconstitution de la scène finale du célèbre film « Love Actually » du réalisateur Richard Curtis. C’est long une semaine, loin de celui que l’on aime!

 

Le baiser de Pandore
Par Patrick Ferrer

Sortie le 12 juillet 2017 au Éditions Incartade(s)
Genre: Policier, thriller
Broché 560 pages
Numérique 7,11 $

Résumé:
Je m’appelle Paul Heyland. Je suis flic, commissaire à la Crim. Lorsque j’ai été affecté au meurtre de Julien Delatour, assassiné un froid matin d’hiver dans une chambre d’hôtel de luxe, je n’y ai vu qu’une sale enquête de plus… J’avais tort. Je me souviens encore des lumières blafardes de cette salle d’interrogatoire où je l’ai rencontrée, la suspecte que tout accusait. Une Ukrainienne aux yeux gris. Belle, triste, mystérieuse. J’aurais dû me douter que tout cela allait mal se terminer… Pourquoi suis-je resté sourd aux voix qui me chuchotaient à l’oreille de tourner le dos et m’enfuir ? C’était le début de la fin. Une longue course semée de cadavres, comme autant de cailloux blancs laissés à mon attention, qui allait m’entraîner dans une poursuite effrénée jusqu’aux confins d’une Russie encore hantée par les fantômes du passé. Au bout de la route, je savais que je n’en sortirais pas indemne. Tous ces macchabées croisés durant ma carrière de flic me l’avaient déjà annoncé. Mais depuis l’instant où j’avais croisé son maudit regard gris, je n’avais plus le choix…

Ce que j’en ai pensé:

Ce roman policier vous entraîne à travers le temps et l’espace de Paris à Moscou, et ce n’est pas le pays des tsars, mais bien celui de l’après-perestroïka, celui de la corruption et des vapeurs de vodka. Bien que l’histoire ait gagné à être resserrée, l’intrigue vous garde en haleine dès le premier chapitre jusqu’au dernier. Vous voudrez savoir ce qui est arrivé à la belle Ukrainienne!

Avant de maudire les murs qui nous emprisonnent, il faut essayer de comprendre de quoi il nous protègent. C’est une des choses que le Goulag m’a enseignées. Les tours et les barbelés ne sont pas là pour empêcher les détenu de s’enfuir – où pourraient-ils aller? – , mais pour éviter qu’ils ne divaguent dans les déserts glacés en proie aux cauchemars de l’éternelle nuit boréale. (Extrait de Le baiser de Pandore, Patrick Ferrer)

De façon générale, le roman est bien écrit. Il y a cependant des éléments plus faibles dans la première et troisième partie, des variations dans le niveau de langage, qui déstabilisent et mettent en péril la vraisemblance de l’histoire. Celles-ci sont la plupart du temps liées aux apparitions de Samantha.  L’intrigue est présentée dès le premier chapitre, elle est bien ficelée et nous attrape. Par la suite, on nous présente un commissaire Heyland, qui perd la tête en regardant le décolleté de sa secrétaire, qui utilise des clichés pour décrire ses collègues bedonnant ou asiatique. Quelques pages plus loin, le même individu met sa carrière en jeu pour sauver une femme qu’il a rencontrée une fois pour un interrogatoire, s’ajoute à cela un chef de police qui exige que l’enquête soit bouclée en une journée, et là j’ai eu envie de décrocher. Même chose à son retour de Russie, lorsqu’il découvre que sa secrétaire a pris des initiatives un peu farfelues.

Heureusement, je ne l’ai pas fait, j’ai continué et j’ai été récompensée, parce qu’à part ces exceptions, l’écriture est agréable et les personnages sont moins caricaturaux, somme toute, il s’agit d’un livre divertissant.

***/5

 

Lorsque je pense aux écrivains, je les vois toujours solitaires, isolés, comme si l’écriture ne naissait que dans le silence et le dur labeur. J’avoue qu’il y a quelque chose de romantique dans cette image, qui me plait bien. Il est vrai que les choses les plus intéressantes que j’ai écrites sont nées de l’introspection, qu’il est nécessaire d’entendre les mots avant de les écrire et que le calme est propice pour en arriver à cet état. Mais comme tout le reste, les choses changent et la réalité de l’écrivain aussi.

Nous sommes à une époque de communauté, chacun bien caché derrière son écran, mais ouvert sur le monde. Je n’ai jamais eu autant envie de me faire des amis, de trouver de mes semblables, c’est indispensable pour comprendre le monde de l’édition en 2018. Jusqu’à présent, mes efforts me mènent vers la France. Est-ce le nombre d’écrivains ou leur statut? Selon moi, la piste est d’abord là, la littérature demeure quelque chose d’inaccessible au Québec.

Si vous rêvez de devenir musicien et avez du talent, vous pourrez toujours vous inscrire à la Voix, à Star Académie, au festival de la chanson de Granby ou à celui de petite vallée. Nous formons des chanteurs en série, dans ce domaine nous avons une reconnaissance mondiale et les exemples ne manquent pas.

Sur le plan de la littérature, c’est autre chose. Lorsque j’ai annoncé mon projet d’écrire un livre, j’ai eu beaucoup d’encouragements de la part de mon entourage. Les gens à qui j’en parlais trouvaient mon projet ambitieux, on me regardaient avec envie comme quelqu’un qui annonce qu’il prendra une année sabbatique pour faire le tour du monde. Vouloir devenir écrivain c’est une utopie, c’est aussi aléatoire que d’acheter un billet de loterie. L’écrivain a peu ou pas de statut au Québec, quelques chanceux en vivent mais la plupart gagnent leur vie autrement et écrivent par vocation. Combien doivent abandonner faute de ressources?

Je trouve cela bien dommage. Un livre est tellement plus qu’une pile de papier, c’est une porte grande ouverte sur l’imaginaire, c’est l’ouverture sur le monde, c’est l’apprentissage de toutes les matières scolaires et de la langue française en particulier. Et cette langue, bien que semblable à travers l’ensemble de la francophonie à un accent qui nous est propre, les réalités qui sont dépeintes dans nos romans ont une couleur qui nous est propre.

Nous avons besoin de nous reconnaître dans la littérature. Comment un peuple peut-il s’affranchir sans culture littéraire? Il y a là, il me semble, sujet à réflexion.

Je m’installe tranquillement dans ma prochaine vie. Le weekend passé, j’ai réaménagé mon bureau, la table de travail était trop petite…dehors et remplacée par une grande table de travail en « L ». Mon portable dans ce nouvel environnement semblait minable, tellement petit, alors j’ai acheté un nouveau portable, c’est encourageant de débuter avec de nouveaux outils!

C’est encourageant, mais pas simple! C’est au moment où vous changez d’équipements électroniques que vous réalisez, le nombre de logiciels, d’applications, de mots de passe, que consomment ces petites choses. Vous voilà également face à la réalité virtuelle: vos anciens outils ont évolué! Vous les aviez quittés enfants, vous les réinstallez adolescents, les cheveux longs, rebelles… Que faire? Faire fit des nouveautés ou évoluer?

Me voilà donc à refaire les liens vers mes outils virtuels…un lien vous envoie vers un autre et un autre, clic sur une formation en ligne pour optimiser le nouveau logiciel…ouf!

Et mes doigts qui s’étaient habitués au petit clavier de mon petit portable se retrouvent un peu au dépourvu dans tout ce nouvel espace.

Qui aurait cru que j’aurais à faire une formation préalable pour devenir écrivaine?

C’est devenu comme une routine malsaine, à cinq heures, chaque matin, je me réveille. Même la fin de semaine, je dois lutter pour ne pas sortir du lit. Alors tant pis, je m’assois devant mon écran et je laisse libre cours à ce hamster fou.

Je ne sais pas si c’est cette période de transition vers mon année d’écriture ou si c’est cette grande enthousiaste de mettre sur l’écran tous ces mots qui se bousculent dans ma tête.  J’ai l’impression que les personnages de mon roman deviennent vivants et tentent de s’exprimer sans gêne, le jour comme la nuit, ils sont des chevaux fous lâchés dans la plaine.

J’avais déjà entendu ce genre de commentaire d’écrivains « mon personnage en a décidé ainsi », je n’y croyais pas trop, j’appréhendais beaucoup plus la page blanche. Il y a aussi ce phénomène de personnages secondaires qui exigent le projecteur, et à qui je dois calmer l’égo pour laisser un peu de place à mon personnage principal.

C’est quand même étrange le processus d’écriture…

Le soleil entre par la fenêtre de la cuisine de façon effrontée ce matin, me forçant à plisser les yeux pour écrire, mais je m’en fous qu’il prenne toute la place, qu’il fasse fondre la neige éternelle de l’hiver québécois, qu’il tire par les cheveux mes timides tulipes…rien ne parviendra à me voler mon enthousiasme.

C’est parti, je m’offre une année d’écriture à temps complet. J’ai l’impression d’avoir gagné à la loterie. C’était la meilleure façon d’aborder cette nouvelle étape de ma vie: la cinquantaine. Et puis je n’en reviens pas des encouragements que j’ai reçus. Comment pourrais-je ne pas mener ce projet à terme ?

Me voilà déjà happée par une histoire  qui pourrait bien être le début de mon roman, j’ai choisi un personnage principal qui me ressemble un peu: une femme au début de la cinquantaine. Pour le reste, bien que je me sois mis une certaine ligne à suivre, mon imagination m’entraîne déjà bien loin de moi.

Je suis très enthousiaste, je me suis jointe à quelques groupes d’auteurs francophones sur les réseaux sociaux et j’ai suivi quelques précieux conseils à commencer par l’achat du logiciel Scrivener, un traitement de texte amélioré (je l’adore), qui permet d’organiser mon projet d’écriture: les synopsis pour chacun des chapitres, les fiches de personnages, les lieux, l’histoire… J’ai aussi fait l’achat du correcteur Antidote, un logiciel québécois tout à fait incroyable qui en plus de réviser mes textes est un véritable cours sur la langue française.

Parallèlement, je m’intéresse à l’écriture des autres et je me suis donné comme défi de faire de la chronique littéraire en évaluant le travail d’autres écrivains. J’aborde ce défi très humblement sachant ce que mener à terme un projet d’écriture demande. Je sens que ce travail sera un grand apprentissage pour moi. Je vous invite donc, si la littérature vous intéresse, à suivre ces chroniques ici même sur le blogue de l’autre coin de la table, sous la rubrique  « Coin lectures« . Les auteurs qui me confient  leur précieux livre ne sont pas les plus connus (qui sait ? ils pourraient bien le devenir) ils éditent leur livre numériquement, pour la plupart en auto-édition, il faut être de son temps.

 Je promets de me remettre à l’écriture régulière de ce blogue, après tout c’est cette forme d’écriture qui m’a permis d’entrevoir le rêve d’écrire réellement, pour les autres, pas seulement dans des carnets personnels que j’empilais depuis des années. Quelques semaines encore avant le premier juillet, date à laquelle, en bonne Québécoise, je déménage de bureau, quittant pour une année le Plateau-Mont-Royal pour m’installer dans mon bureau de Brossard.

Bonjour Mesdames,
Je me suis mise très sérieusement à la rédaction de mon premier roman. Mon personnage principal est une femme qui franchira bientôt le cap des 50 ans (quel hasard!). Elle est en pleine crise du mi-temps de la vie. Vous savez chez les hommes on dit la crise de la quarantaine. Je recherche des femmes de 45-55 ans qui aimeraient me parler de leur expérience. On peut faire cela devant un café, un verre de vin, un brunch à 2 ou en groupe ou même par FaceTime. Merci de me contacter avec moi par courriel: josee.boudreau@hotmail.com si cela vous intéresse. Si vous avez des amies qui ont vécu des choses particulières et veulent aussi participer, elles sont les bienvenues.

Merci à l’avance

Cela m’a submergée, comme une grande vague. Est-ce l’approche de la cinquantaine? C’est évident que je n’y suis pas indifférente. Je suis dans l’urgence et dans l’incertitude. Qu’arriverait-il si la vie s’arrêtait demain, si on m’annonçait que c’était la fin, qu’un mal quelconque abrégerait mes jours? Suis-je en accord avec le bilan de ma vie?

La crise de la mi-temps de la vie toucherait la majorité des individus entre 45 et 55 ans. Pour certains c’est une catastrophe pour d’autres une simple période de transition.

Il y a plusieurs côtés de mon existence qui me plaisent. J’ai une vie amoureuse qui me comble, après toutes ces années de galère j’ai enfin rencontré la bonne personne, celle avec qui j’aime m’endormir et me réveiller tous les jours. L’homme qui sait d’instinct comment me rendre heureuse. Celui avec qui je me vois vieillir.

J’ai eu la grande chance de connaître la maternité avec toutes les joies et les douleurs que présupposent d’être aussi attaché à un autre être humain. Je comprends de mieux en mieux mon rôle et j’en accepte les limites.

J’ai une famille qui m’entoure et avec qui je voudrais tisser des liens encore plus étroits, je connais leur importance dans ma vie, je sais qu’ils ont tous à leur façon contribué à faire de moi la femme que je suis et je leur en suis reconnaissante.

J’ai voyagé, même si j’en ai jamais assez, j’ai de ce côté tellement de rêves. Je souhaite avoir la santé pour visité l’Inde, l’Argentine, quelques pays d’Asie et d’Afrique et tous ces pays d’Europe que je voudrais voir ou revoir. J’ai envie de remplir d’autres volumes de mes carnets de voyage.

Je me sens pourtant dans la tourmente, envahi par la crainte. Ai-je vraiment atteint mon plein potentiel? Suis-je sur la pente descendante? On dit qu’il est difficile de trouver un emploi après 50 ans, que les femmes de cet âge deviennent invisibles. Je me sens dans un carrefour. Comme si c’était la dernière fois que je pouvais faire un grand virage.

Depuis des années, j’ai une vie professionnelle bien rodée, un bon salaire, de bons avantages. Je pourrais facilement laisser aller les choses sur cette pente douce jusqu’à la retraite. Vivre d’une vacances à l’autre, d’une fin de semaine à l’autre. Je pense offrir une bonne prestation de travail basée sur une longue expérience malgré ma baisse d’enthousiasme.

De l’autre côté, il y a mon rêve accroché à l’inconnu financier et à l’incertitude sur mon talent littéraire. Cette idée qu’à plusieurs moments de ma vie pour des raisons d’insécurité je n’ai pas pris les bonnes portes. Et si ces portes se faisaient de moins en moins nombreuses? Faute de temps, ce manuscrit n’existerait que dans ma tête. Est-ce qu’en travaillant le soir et la fin de semaine j’y arriverai?

Et si à la toute fin je me disais : et si j’avais essayé?

Il y a quelques jours, je mangeais des restes de spaghetti avec mon chéri. J’avais étiré la sauce avec une crème de champignons, une tomate, de l’ail, du basilic, du fromage parmesan et du poivre moulu. Franchement avec un petit vin espagnol, le résultat était excellent.

Et puis soudainement, j’ai repensé au meilleur spaghetti de ma vie. Je sais que théoriquement je devrais invoquer la sauce spaghetti de ma mère, mais bien qu’elle soit une excellente cuisinière ce n’était pas le sien.  En fait, il n’y avait pas une seule tomate.

Je devais avoir 14 ou 15 ans, jeune étudiante à l’école polyvalente de l’Ancienne-Lorette et partie en échange linguistique à Thunder Bay, Ontario. J’étais jumelée à une fille dont le prénom était Lisa et dont les parents étaient italiens. Sa vieille grand-mère habitait avec eux. J’ai le souvenir d’une vieille « Nona » avec un foulard noir comme dans les films du parrain. Nous étions rentrées un peu tard et en bonne grand-mère, elle avait offert de nous faire un petit goûté avant d’aller dormir. Quelques minutes plus tard, nous avions eu droit à un plat extraordinaire de pâtes avec une sauce aïoli.  Comme c’était bon!

Jamais je n’avais expérimenté ce goût et sincèrement encore aujourd’hui je ne suis pas certaine de ce que j’ai mangé. Je me souviens que c’était blanc et que ce n’était pas le spaghetti au beurre des jours difficiles. C’était comme être projeté trente ans en avant dans une vie beaucoup plus ethniquement gastronomique.

Je me doute bien que la nostalgie à augmenter la saveur du spaghetti de Nona Panontin mais qu’importe…

Si je pouvais, je ferais fondre toute cette neige dans mon jardin. Je n’ai jamais autant eu envie de sentir la douceur des parfums de mon potager.

Je ferme les yeux et je sens la tiédeur de la terre noire qui glisse entre mes doigts. Je forme de jolis monticules pour y enfouir les semences de tomates, de concombres, de petites fèves, les fines herbes.

Derrière la terrasse, le lilas qui fleurit. Cela sent bon.

J’entrevois cette réserve de soirées chaudes sur la terrasse, un livre d’une main… un verre de vin de l’autre.

Vivement l’été.

Aéroport de Francfort. L’attente.

J’aime cette zone de transition, cette obligation d’arrêter, parfois pendant des heures. L’inconfort d’une chaise trop droite, de votre cou qui oscille par le mouvement du sommeil.

Malgré les plaisirs que vous auront procuré le voyage, vous n’avez plus qu’une envie, arriver à la maison. Vous poser dans le quotidien de votre vie. Parce que devant la porte d’embarquement c’est inévitable les vacances sont finies.

Si comme nous vous êtes accros aux voyages, vous aurez déjà élaboré quelques plans pour le prochain départ.

Je le jure, nous en parlions au déjeuner… Paris en juin

Tu nous auras fait languir jusqu’à la fin. Telle une femme timide, tu as attendu le soleil du dernier jour pour te dévoiler entièrement.

Tu es belle dans tes courbes, dans tes rondeurs, dans tes angles jamais tout à fait droit.

Tu es pleines de contradictions, toujours écartelée entre l’ancien et le nouveau.

Tu es un merveilleux melting pot, ayant retenu du passé que la beauté est contenue dans la diversité.

Trois jours à Berlin c’est très peu. Nous avons tout de même essayé de voir l’essentiel du touriste… On s’entend.

J’ai l’impression d’avoir passé à côté de bien des choses. Je ne pense pas que Berlin s’arrête à cette palissade colorée de graffitis. J’aurais tant aimé entrevoir un peu plus de cette modernité, de ce style allemand unique.

Notre chambre d’hôtel reflète un peu cet élément original avec ses grandes fenêtres du plafond au plancher nous donnant l’impression d’être au dessus de la rue. Ou à deux rues de l’hôtel cet immeuble si original qui semblait presque vivant.

Nous avons ajouté quelques souvenirs dans l’île aux musées. Il était très agréable de découvrir l’art africain, l’art islamique en plus de l’art allemand.

Au delà des kilomètres, nous avons eu la chance de prendre un moment d’arrêt, à deux, et d’ajouter dans notre mémoire de couple quelques pages supplémentaires.

À quelques pas de notre hôtel se trouve la « house of small wonders ». Nous suivons les indications dans une petite rue qui ne semble pas être l’hôte de restaurateurs, et puis voilà la petite affiche sur tableau noir.

Nous montons l’escalier en calimaçon et nos narines hument un parfum nous mettant déjà le sourire aux lèvres.

L’endroit est à la fois simple et sympathique, la clientèle nombreuse est formée de jeunes Berlinois qui discutent de façon enjouée. Nous commandons œufs bénidict et au gratin et constatons que ce n’était pas que beau mais aussi délicieux.

Il y a des choses que l’on n’oublie pas.

Il ne faut jamais acheter un billet de train en Allemagne le jour du départ sous peine de payer 5 fois le prix.

Il ne faut pas oublier la St-Valentin ou la fête de son amour ou les moments heureux.

Il ne faut pas oublier d’arriver à l’heure au bureau et à la maison.

Lorsque l’on visite Berlin on comprend qu’il y a des choses encore plus difficiles à oublier…

Hôtel de Paris, au cœur de St-Avold, un charmant village de Lorraine en France, l’endroit idéal pour une rencontre de propriétaires de Floride-Caravelle comme mon chéri.

Nous sommes arrivés vendredi, pour prendre possession de notre chambre et rapidement nous avons été rejoints par d’autres membres du Floride-Caravelle Club de France pour un premier souper dans une jolie brasserie, le Queen’s café, avec comme premier apéritif un crémant d’Alsace accompagné de flammes aux lardons et fromage. Par la suite, comme plat de résistance, nous découvrons les spaetzels au gratin accompagnés d’un vin blanc de la région.

Samedi, nous faisons connaissance avec d’autres membres du club et je constate que notre réputation nous a précédé étant les seuls Canadiens présents à l’assemblée annuelle. La réunion a lieu dans les locaux du Conservatoire automobile Léon-Joseph Madeline à Faulquemont qui abrite le club d’Autorétro 57. C’est une occasion d’admirer quelques belles voitures d’autrefois et de lever nos flûtes de champagne au succès du club.

De retour à l’hôtel de Paris pour le souper, les Français ne nous ont pas déçu avec comme apéritif un kir royal à la liqueur de mirabelle, servie dans le cadre enchanteur d’une ancienne chapelle attenante à la salle à manger.

Au menu du souper: foie gras, magret de canard et comme dessert un gratin de mirabelle. Le tout accompagné de délicieux vins blancs et rouges.

Dimanche, nous voilà à nouveau réunis avec nos nouveaux amis français pour la visite de la mine de fer de Neufchef. Notre guide est un ancien mineur dont l’expérience ne fait aucun doute, il nous livre avec passion tous les secrets de sa mine.

Et puis pour finir en beauté… Champagne ! Décidément j’adore les français. Après avoir mangé une délicieuse quiche, je constate que nous n’étions qu’à l’entrée quand la serveuse revient avec les assiettes de bœuf bourguignon, sans oublier une savoureuse tarte aux pommes.

Mon chéri et moi reprenons la route en direction de Frankfurt, regrettant déjà l’océan qui nous sépare des fins de semaine françaises.

On a pris la route de bon matin, la campagne française était coincée sous un épais brouillard, c’était presque mystique.

On discutait doucement, tout bas comme si on était dans une église. Tout était figé, comme à l’aube lorsque tout est possible. Comme ce matin de fumée de mer il y a quelques jours à peine dans un autre pays, le mien.

On devinait la beauté du paysage, ces champs, ces arbres qui caractérisent la France. Ces chemins étroits et sinueux qui seraient impraticables chez nous sous l’hiver gelé.

Et puis pour un instant, nous avons eu ce trou dans les nuages. Nous avons retenu notre souffle devant ce vert et ce ciel bleu inespéré en janvier, inestimable pour les yeux.

Nous aurions pu terminer le mois de janvier au chaud comme l’an dernier sur une île des Caraïbes, mais j’ai préféré suivre mon chéri dans un périple en France et en Allemagne. Ceci paraissait un peu fou au départ mais qu’est ce que l’on ne ferait pas par amour ?

J’aime mon homme pour ses idées extravagantes: traverser l’océan pour rencontrer les membres de son club automobiles français. Comment pourrais-je lui couper ses ailes alors que c’est cet originalité qui me plaît tant.

Alors nous y voici, après un vol économique à bord de Wow air et une petite escale en Iceland.

Il y a longtemps que je voulais essayer. 400$ aller et retour par personne, une vraie aubaine. Il est vrai que la plupart des passagers arrivent avec un sac à dos et l’estomac plein, parce que ce sont les options qui vont grimper les prix. 200$ supplémentaires pour une valise et les repas et boissons sont à vos frais. Et attention, si vous pensiez manger lors de l’escale en Iceland un déjeuner pourrait vous coûter 30$.

Alors la majorité des passagers ont des sacs à dos et personne ne mange. Ceci devient un avantage: on dort plus longuement au calme.

Un voyage très agréable de Montréal à Frankfurt et puis vendredi, c’est un départ pour une fin de semaine française à St-Avold dans la Lorraine avec les amateurs de Renault Caravelle réunis pour parler auto mais surtout pour boire et manger.

J’aurais aimé partager ce que j’ai vu sur le pont Champlain hier matin. Cette fumée de mer qui masque tout. Le froid intense de mon pays qui donne parfois le goût de faire l’ours, d’hiberner jusqu’au printemps.

J’aurais aimé partager mais on ne fait pas de photo lorsque l’on est au volant, alors j’ai pris une photo dans ma tête, les plus belles y sont, elles ont même tendance à s’améliorer avec le temps.

C’était tellement beau, ce froid qui nous enferme, nous immobilise, nous hypnotise.  Les pylônes du nouveau pont semblaient flotter dans les nuages. J’avais envie que la circulation ralentisse  pour me permettre d’admirer plus longtemps.

Je devinais ma ville derrière ce voile mais je n’y voyais rien. J’étais attirée comme un papillon vers la lumière. C’était beau comme l’aube, quand tout renait.

 

L’année avait commencé difficilement au son des nez qui mouchent et des gorges  qui expulsent le méchant. J’avais sorti le thermomètre tout neuf encore dans son emballage de plastique. J’avais fait l’inventaire de nos médicaments contre le rhum et la grippe. J’avais compté le nombre de boîtes de kleenex. 

On a étiré les nuits et ajouté quelques siestes. J’ai pensé que le temps ferait son oeuvre comme le dit l’adage: une semaine si tu l’as soigne, sept jours sinon.

Puis hier soir j’ai dit: « C’est assez! »

J’ai fait bouillir l’eau, sortie deux grands verres dans lesquels j’ai versé un oz de Gin, une grosse cuillérée de miel, j’ai coupé un citron en deux et j’y ai pressé le jus. J’y choisis deux beaux clous de giroffle et un peu de cannelle. J’ai finalement remplie nos verres d’eau chaud.

Cela sentait bon et puis t’en pis si le Pharmachien n’approuve pas les remèdes de grands-mères.

 

L’hiver joue au fou. Hier à mon retour du travail il faisait +11 degré Celcius. La pluie avait lavé mon auto de tout le calcium qui c’était accumulé durant la semaine. À mon arrivée, mon chéri frappait l’asphalte de l’entrée pour en extraire les derniers morceaux de glace. Je me surprend à penser: « Ils se sont trompés, il fait si chaud il n’y aura pas de tempête de neige ».

Ce matin, j’ouvre les rideaux de ma chambre, tout est à nouveau blanc. Mon auto est ensevelie sous la neige, à peine si j’entrevois ce joli bleu rétro qui me plaît temps. C’est un cas de souffleuse pour déneiger l’entrée où au moins 50 cm de neige me regarde en rigolant. Le thermomètre indique -12 degré Celcius

Il faut être fait fort pour vivre au Québec!

Nous avons tous nos petites manies, des objets que nous aimons collectionner, qui nous réconfortent, qui nous donne l’impression d’être à la maison. D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours aimé les livres. J’aime en avoir en quantité, des lus, des non lus, pour être certaine de ne jamais en manquer. J’aime l’objet, cette ouverture sur l’imaginaire. Je n’ai pas besoin de les acheter neufs, même que j’ai un certain plaisir à les avoir usagés, à savoir que d’autres ont déjà lu. J’aime à les lire, à les prêter, à partager le plaisir de cette découverte, à faire partie d’une communauté de lecteurs.

J’ai commencé à fréquenter les bibliothèques à l’âge de 10 ans, c’était l’époque où avec mes parents, nous avions quitté le Canton Arnaud pour la ville de Sept-Iles, à peine 10 km plus loin. Cependant pour moi c’était toute une différence puisque avec mon vélo j’avais accès par moi-même à plein d’activités, dont la fameuse bibliothèque de Sept-Iles. Ayant été enfant unique jusqu’à l’âge de 9 ans, j’avais réussi à développer une certaine indépendance et la solitude ne me rebutait pas, avec un livre on n’est jamais seule.

À notre arrivée à Québec, plusieurs fois par mois,  nous partions en famille, emprunter nos livres à la bibliothèque Gabrielle Roy. C’était un endroit fantastique, tout neuf et tellement moderne pour l’époque.  En plus d’une collection impressionnante de livres, nous avions accès à une sélection musicale que nous pouvions écouter sur place. Rapidement malgré mes 12 ans, j’ai eu la permission de me rendre seule au centre-ville en autobus, échanger mes livres. Ce n’est pas grave d’être seule dans une bibliothèque, avec tous mes livres j’étais toujours en bonne compagnie. J’ai très jeune pris l’habitude de ne jamais sortir sans un livre. Aujourd’hui, dans mon trajet entre la Rive-sud et Montréal, il y a aussi les livres audio qui m’accompagnent.

Au début des années 2000, j’ai entrepris des études en littérature, j’avais besoin d’une permission pour écrire comme si un diplôme venait justifier mon droit d’écrire.  J’espérais qu’un jour un livre porterait mon nom.  C’est un rêve qui est toujours en construction. Des manuscrits en chantier qui traînent comme les cônes orange sur les routes de la ville de Montréal.

Une chose est certaine, des études littéraires cela restent des traces bien visibles dans ma bibliothèque. Après des travaux chez moi, ma bibliothèque personnelle s’est vue recouverte d’une fine couche de poussière de plâtre. J’ai donc dû amoureusement nettoyer chacun de mes livres. Durant les dernières années une grande section de livres à lire a grossi.  Je les ai patiemment rangé en ordre alphabétique.

La découverte de tous ces livres non lus m’a d’abord affolée, je les regardais un peu honteuse d’avoir failli à ma tâche de lectrice.  Il y avait aussi un certain nombre de livres débutés et abandonnés en cours de lecture, pendant mes études en littérature, les lectures imposées dépassaient largement mon temps libre.  Mon esprit cartésien a envisagé une certaine stratégie de lecture, l’établissement d’une liste avec des échéanciers précis. Devrais-je y aller pas ordre alphabétique d’auteur? de titre? de collection? Finir rapidement les livres commencés? Devrais-je restreindre ma compulsion d’achat de livres  le temps d’avoir réduit le pourcentage de livres non lus? Où devrais-je tout simplement accepter ma manie et envisager l’achat de quelques tablettes supplémentaires?

2018 a commencé sur les chapeaux de roues, une petite grippe s’est invitée moins de 12 heures avant le retour au travail.  Une heure avant j’avais à peine un petit mal de gorge et puis hop! me voilà qui tremble comme une feuille, mon corps envahi par la fièvre.

Aujourd’hui 11 janvier, je me retrouve avec aucune ligne sur ce blogue.  Pourtant j’étais sincère dans cette résolution: une ligne par jour.  Est-ce que cela vous est aussi arrivé? Avez-vous déjà failli à vos résolutions? Soyez indulgent. On dit qu’il faut 21 jours pour acquérir une nouvelle habitude, ce à quoi j’ajouterais que le mois de janvier mérite les hauts et les bas des débuts. Rien n’est perdu si vous n’avez pas encore mise en place vos résolutions, vous avez tout le mois de janvier pour vous y mettre.

Alors en ce 11 ième jour de l’année 2018, je vous écrie, courage il vous reste presque 3 semaines pour mettre de l’avant vos résolutions.

 * * *

Cette année mon chéri et moi avions décidé d’offrir à nos bébés respectifs quelques jours à New York en guise de cadeau de Noël. Il est donc d’abord partie 3 jours avec ses gars pour un séjour sportif: hockey et basketball.  Nous nous sommes croisés à la maison au moment où je repartais avec ma fille pour un séjour de 3 jours plus culturel: musées et exposition.

New York était particulièrement froid en ce début d’année. Les activités intérieures étaient plus appréciées. Il y a les classiques Metropolitain Museum of Art et le American Museum of Natural History, que l’on visite et revisite sans se lasser et les expositions nouvelles comme cette fois-ci, celle de la populaire série anglaise Downton Abby.

Pendant plusieurs années, j’ai été une abonnée de New-York, j’ai parfois multiplié  les visites jusqu’à 3 dans la même année. De Montréal c’est facilement accessible, moins de 7 heures en auto en plus d’être facilement atteignable en autobus avec plusieurs départs par jour de la gare du centre-ville de Montréal. C’est une ville énergisante, aussi lumineuse le jour que le soir, lorsque l’on se rend dans Time Square, le carré qui fera battre votre cœur.

Il y a une quantité incroyable d’activités culturelles pour toutes les bourses: musical, musée, exposition, comédie club, théâtre, opéra, galerie d’art, entre autres.

Mais au-delà des endroits les plus fréquentés par les touristes, ce que je préfère c’est l’originalité des quartiers, parce que même si plusieurs millions de personnes habitent cette ville, chaque quartier est comme une petite ville en soit où l’on se sent bien.

Des petits restaurants italiens charmants dans le Upper West Side, des galeries d’art dans Greenwich Village, des escaliers en fer rouge de SOHO, des sacs à main achetés dans les arrières boutiques de vendeurs chinois, du mémoriale de Ground zero, le Taureau de TriBeCa.

J’aime aussi New York pour son architecture. Certains édifices sont devenus comme des amis que je visite à chaque fois. Un de mes préférés étant le Flatiron building, qui comme son nom l’indique à la forme triangulaire d’un fer à repasser. J’aime à m’imaginer habitant un des appartements sur le coin de la 5e Avenue et de Broadway avec cette vue imprenable sur la ville. J’aime aussi admirer les deux tableaux de Chagall qui se dévoilent la nuit, dans les vitrines du Lincoln Center.

On peut passer des heures à se promener dans les rues de la grosse pomme, la tête dans les airs à rêver. On se surprend à faire des projets d’y habiter pour quelques mois. On espère croiser Carrie Bradshaw au bras de Mr Big ou Billy Joel qui se dirige vers le Madison Square Garden pour un autre spectacle enlevant.

J’adore admirer la classe des New-yorkaises qui déambulent avec leurs escarpins à talons vertigineux, qui s’engouffrent dans un des taxis jaunes les conduisant vers des rendez-vous branchés.

Une chose est certaine, si vous allez une fois à New York, vous y reviendrez.

Comme cadeau de Noel mon chéri m’a construit un walk-in. Sur l’échelle Carrie Bradshaw, l’héroine de Sex and the city, c’est pas mal dans le top des preuves d’amour. Mon Mrs Big, contrairement à celui de Mademoiselle Bradshaw, prend tous les travaux en main. Il est impressionnant à voir aller dans le maniment des outils: scie à onglets, perceuse, tournevis, barre à clous.

Il m’offre d’être l’unique locataire de mon royaume de vêtements. Je n’ai pas de Manolo Blahnik mais je vois déjà ma série de chaussures bien alignées. Un coin pour les vestons, pour les robes, pour les pantalons, les jupes, les colliers… Il y a trop de place, je vais devoir aller magasiner! Me voilà sur Pinterest à analyser les meilleurs dispositions permettant de rentabiliser l’espace.

Au delà des modes du design intérieur, j’ai l’impression que ce cadeau veut dire: « Installes-toi bien confortablement ma chérie, tu es chez toi » et cela vaut plus que tout.

 

24 décembre, journée de prédilection pour tous les nostalgique en mon genre. Me voici assise à la table de la cuisine à  écrire, mon regard à tout moment qui s’echappe par la fenêtre. J’ai l’impression qu’il y a une brèche dans l’espace temps et je m’y engouffre sans arrêt.

Je me demande si le père Noel a débuté sa tournée de cadeaux, je calcule pour savoir où il en est. J’ai aussi une autre manie hérité de mon père, je dois me retenir de ne pas donner mes cadeaux avant minuit.

Joyeux Noël à tous!

Enfin vendredi à la veille du congé des fêtes. Cette année me voilà à la ligne d’arrivée en pleine forme. Pourtant l’automne au bureau a été bien occupé et à la maison nous avons entrepris plusieurs travaux. Mes cadeaux sont pas mal tous achetés, reste quelques jours pour garnir le frigo et le cellier. J’ai même le temps de me pratiquer à marcher avec mes nouveaux talons hauts.

Je suis juste contente de passer du temps avec les miens.  De partager des repas arrosés de bons vins. De rattraper les histoires de 2017. De m’emparer de quelques fous rire. De jeter un œil sur les livres qui attendent sur la table de chevet. De faire une orgie de séries sur Netflix. De paresser au lit le matin ou de me coucher à l’heure que je veux. D’envisager la suite des choses.

Cela doit ressembler au bonheur!

Ce que je n’aime pas dans le fait de vieillir c’est qu’il faille devenir sage.

Détrompez-vous, si nous nous mettons à dévorer plus de fruits et légumes, ce n’est pas parce que nous devenons végétariens par idéologie ou parce que nous avons pitié des animaux, c’est parce qu’il y a moins de calories.

Si nous prenons de longues marches après le souper ce n’est pas pour réfléchir, c’est parce que nos genoux font trop mal pour courir.

Si nous ne faisons pas l’amour à tous les jours, c’est parce que l’insomnie de la pré-ménopause nous épuise.

Si nous ne portons plus quotidiennement le talon haut, ce n’est pas parce que nous sommes moins coquettes, c’est parce que nous sommes plus douillettes.

Si nous ne traînons plus tard dans les bars, c’est parce que notre estomac ne le tolère plus et notre crâne non plus.

Si nous prenons un petit verre de rouge plutôt qu’une bière ce n’est pas  par snobisme, c’est parce que le docteur l’a dit.

Si nous prenons plus de vacances, c’est parce que nous sommes plus fatigués.

Nous grossissons, c’est inévitable, c’est la faute de notre métabolisme de base qui diminue.

Si nous avons autant de lunettes de lecture qui traînent un peu partout dans la maison c’est la faute de Costco qui les vend en paquet de 5.

Si nous perdons la mémoire, c’est parce que notre carte mémoire est pleine.

Pour compenser tout cela:

Nos comptes de banque sont mieux garnies, de même que notre cellier.

Les bébés ont recommencé à ne pas faire leur nuit…et on s’en fout.

On a tout notre temps… on relaxe.

Ma chérie, depuis toujours j’ai voulu te transmettre mon savoir et mes expériences pour te rendre la vie plus douce:  comment faire la cuisine, ranger sa maison, faire un budget, étudier, jardiner. J’ai aussi voulu partager avec toi ma passion pour la littérature, les arts  et les voyages.

Il y a pourtant certaines choses encore plus importantes que l’on ne peut transmettre et que l’on ne peut apprendre qu’en les expérimentant. Parmi ceux-ci il y l’amour. L’amour parental, le plus facile parce que  sans condition et sans fluctuation, depuis la première seconde de ta vie je t’ai aimé du plus profond de mon cœur.

Il y a aussi l’amour avec un grand A, celui qui donne des papillons dans le ventre, celui qui nous arrache le cœur et celui parfois qui soulage les petits pincements dans le bas du ventre.

Ce qui est le plus difficile avec l’amour, c’est que la plupart du temps il empêchera ton cerveau d’être rationnel. En preuve, as-tu déjà remarqué comme il est facile de juger la situation amoureuse des autres et si difficile de juger de la sienne?

Crois-moi, l’amour n’est pas une question de génération, ni d’âge.  Même les plus réticents rêvent de rencontrer la « Bonne » personne, celle qui leur fera oublier toutes les autres. Quand on est très chanceux et que l’on arrive à ce match parfait faut-il encore se croiser les doigts pour que les changements que la vie nous apportent soient les mêmes  que ceux apportés à l’être aimé,  parce que la vie se charge de nous changer, sois prévenue.

Je suis maintenant ce que l’on peut appeler une femme mûre.  À mon âge, il y a plus de chances de mourir dans un attentat terroriste que d’obtenir une demande en mariage. J’ai connu plusieurs hommes, beaucoup trop. Dans le domaine de l’amour, le but n’est pas d’avoir un nombre élevé d’expériences en fait c’est plutôt l’inverse. Il est vrai que certaines ne comptent pas, mais les vraies histoires, celles que tu garderas gravées profondément en toi, je t’en souhaite peu.

Permets-moi quelques conseils et apprends de mes erreurs. N’attends pas des hommes qu’ils pensent comme des femmes. Ce n’est pas une légende c’est vrai, il y a des différences fondamentales que des dizaines d’années de féministe ne changeront pas. À mon avis c’est quelque chose de génétique et tant que les femmes porteront les enfants cela ne changera pas.

J’ai lu dernièrement, Tout ce qu’on ne te dira pas Mongo* de Dany Laferrière et il y a quelques pistes intéressantes. Les hommes québécois ne parlent pas parce que jusqu’à dernièrement ils étaient bûcherons et que le moindre bruit pouvait signaler un danger alors ils gardaient le silence. N’essaie donc pas de les faire parler c’est peine perdue. Contentes-toi d’observer. Et surtout, prends les faits pour des faits sans les interpréter.

N’essaie pas de changer un homme, accepte le comme il est.  Si tu ne peux pas l’accepter c’est que ce n’est pas le bon pour toi. Sois réaliste dans tes demandes mais n’accepte rien de moins. Les choses changent rarement et de façon définitive. Ce qui est un peu dérangeant au début deviendra invivable après un an.

Sois entièrement respectueuse envers toi et envers l’autre et n’accepte rien de moins en retour. Le respect c’est pas uniquement une question de relation sexuelle, c’est aussi dans ta définition de la fidélité, de l’engagement, du mariage, des enfants, des vacances… C’est à toi seule de juger tes limites et malheureusement une vie cela passe vite, attention aux dates de péremption. J’ai vu trop de rêves avortés par amour.

Plus tu te connaîtras, plus tu attireras la bonne personne. Suis ton chemin, c’est sur cette route qu’elle se trouvera.  Refuse les cul-de-sac qui tôt ou tard te mettront face à tes contradictions. J’ai dit qu’il ne fallait pas essayer de changer un homme mais de la même façon n’accepte pas de changer par amour. Saches écouter ta petite voix.  On dit que d’être en couple cela veux dire accepter de faire des compromis, c’est vrai mais en partie seulement, il y a des compromis qui ne valent pas la peine, qui ne construisent rien.

    J’espère que je ne te fais pas peur avec tout ceci, surtout pas. Parce que l’amour vaut la peine et le pire qui pourrait t’arriver c’est une vie sans amour. Alors tente le coup, apprends de tes erreurs et laisse une petite place au destin. Lève la tête regarde autour de toi, la vie est là qui t’attends.

    Photo Sonia Boudreault

     

    *Dany Laferrière, Tout ce qu’on ne te dira pas Mongo, Mémoire d’encrier, 2017

     

    Si vous pensez à un restaurant qui s’est imprégné de l’âme d’un quartier, qu’avez-vous en tête? À l’ouest du Plateau, il y a Bagel etc.  Cette portion du quartier traversé par le boulevard Saint-Laurent est le trait d’union entre le Montréal anglophone et francophone.  On vous y accueille avec un « Bonjour » au accès anglophone pas un « Bonjour, Hi », une différence remarquable, cela donne envie de connaître l’autre, comme une main tendue.

    Lors de ma dernière visite, il y avait une chanson de Cohen qui jouait. Ce n’est pas étonnant puisque c’est à deux minutes de marche du Parc des Portugais et que c’est autour de celui-ci que le fameux chanteur avait sa résidence montréalaise. Y paraît que Leonard était un habitué de Bagel etc.

    C’est un petit casse-croûte sans prétention qui sert depuis 1982 des déjeuners, des salades, des sandwichs et des hamburgers. Il a néanmoins un air des années 50, un look de dinners américains. Un petit quelque chose nous rappelle Beautys Luncherette un autre célèbre restaurant du Plateau dont le fondateur Hymie Sckolnick est décédé il y a quelques semaines à l’âge vénérable de 96 ans.

    Revenons au Bagel etc., particulièrement à son décor, plafonds élevés recouverts de tuiles noirs où de multiples X et guirlandes s’entrecroisent laissant à découvert la tuyauterie. Le haut des murs est recouvert de briques orangées qui semble avoir connues d’autres temps. Le bas des murs est vêtu de lambris de bois couleur moutarde. Au décor s’ajoute de vieux miroirs qui ont dû avoir eu d’autres vie avant de finir sur ces murs. Des banquettes noirs et rouges en vinyle et pour s’ancrer dans le temps de petites tables en faux formica.

    Naturellement, il faut remarquer les photos des célébrités qui ont croqué le petit pain rond. Les bagels de Montréal sont connus comme sa viande fumée.  On les aimes cuits au four à bois et garnis de graines de sésame.

    Lorsque l’on s’assoit dans ce genre de restaurant, on ne sait jamais qui franchira la porte. Mais que vous soyez un chanteur légendaire ou un illustre inconnu vous pourriez très bien y prendre goût, pas seulement pour les plats délicieux mais aussi pour tendre l’oreille à ce que les murs ont à raconter…

    Je pourrais vous parler d’autres institutions du même coin, du jardin merveilleux du Café Santropol en plein été, des sandwichs à la viande fumée du Schwartz’s Deli (le restaurant de Céline Dion), des steaks de chez Moishes (on dit que le propriétaire l’a gagné en jouant aux cartes) et d’ajout plus récente et mystérieuse à savoir, le Bar Big in Japan, mais pour ressentir l’âme du quartier, une visite s’impose.

     

    Mes suggestions:
    Bagel etc.,  4320, boulevard St-Laurent
    Beautys Luncherette, 93 Avenue du Mont-Royal Ouest
    Café Santropol, 3990, rue Saint-Urbain
    Schwartz’s Deli, 3895, boulevard St-Laurent
    Moishes, 3961, boulevard St-Laurent
    Bar Big in Japan, 4175, boulevard St-Laurent

    Dernière semaine de travail de cette année 2017, dernier sprint pour arriver à Noël. Êtes-vous prêts? Qu’est-ce que le temps des fêtes pour vous? Une détente ou un stress? Combien de fois j’ai attendu ce moment pour prendre une pause et puis finalement je n’ai réussi qu’à soigner une grippe.  Mon corps roulant comme un fou sous l’adrénaline se laissant piéger par un méchant virus dès la première journée de repos.

    Cette période de l’année peu facilement se transformer en spirale infernale parce que nos attentes sont trop grandes. Il est vrai que l’organisateur en chef de la fête de Noël, le Père Noël, arrive à couvrir la terre entière de cadeaux pour tous les enfants du monde, après cela comment être à la hauteur!

    On passe des semaines à cuisiner des plats trop gras, trop sucrés après s’être privé pour perdre quelques livres que l’on reprendra en mangeant ces plats trop caloriques, à boire cet alcool trop abondant. Et que dire du budget expansif qui nous donnera des maux de ventre avec le relevé de carte de crédit de janvier. Des cadeaux trop nombreux, trop coûteux, de cette pression à faire plaisir à trop de monde avec des cadeaux mal choisis qui finiront dans le fond des tiroirs.

    Si je vous demandais de me raconter vos plus beaux souvenirs de Noël que me diriez-vous? Pour ma part, cela commence souvent par : quand j’étais jeune. J’ai très peu de souvenirs de cadeaux fantastiques pourtant j’en ai pas manqués, bien au contraire. J’ai plutôt des anecdotes de grands rassemblements familiaux, des cousins et cousines qui chantaient en chœur des chansons un peu grivoises sans trop en connaître le sens. Des séances de méditation dans le salon de mes grands-parents quand nous empruntions les disques de ma grand-mère et des fous rire à chaque fois que l’on entendait: Relaxez…

    J’ai quelques souvenirs des messes de minuit au son de la musique de l’orgue de Colette Allard, des cahiers reliés bruns que l’on ressortaient chaque année pour pratiquer le répertoire de Noël, de mon cœur qui s’emballe quand je chante seule le « D’où viens-tu bergère ».

    Des heures passées à écouter Ciné-Cadeau, à lire des romans d’Agatha Christie. De sapins coupés dans la forêt qui sentaient bons. De promenades en motoneige. De mon père qui raconte des histoires toute la nuit, de mes oncles qui jouent de la guitare, de Wilfrid Poulin qui joue du violon, des gros cahiers de chansons de Marcelle. J’ai aussi quelques souvenirs de jour de l’an tout aussi glorieux, de parties de hockey entre les Canadiens et les Nordiques, des heures à attendre au téléphone pour dire nos souhaits sur les ondes de CKCN.

    Aujourd’hui, je réalise que pour que ces Noël soient mémorables, il a fallu que les femmes de ma famille travaillent d’innombrables heures et je leur en suis reconnaissante.

    Si j’avance dans le temps c’est à ma fille que je pense, à ses petits yeux endormis et émerveillés de découvrir le père Noël, de toutes ses histoires saugrenues que l’on a inventées pour faire durer le mystère. Et cette année, c’est ma nièce qui se couchera trop tard et déballera trop de cadeaux.

    Je ne peux concevoir un  temps des fêtes sans avoir quelques pâtés et desserts prêts dans le congélateur, c’est comme marqué dans mon ADN. J’arrive pas à imaginer un Noël dans le sud loin des miens. Et puis tant pis pour l’abondance et la  fatigue du 2 janvier!

    J’entre chez moi et je suis accueillie par l’odeur des citrons. Mon chéri s’est mis en tête de fabriquer du Limoncello. Il s’agit d’une liqueur de citrons produite dans la Péninsule de Sorrente en Italie, mieux connue sous le nom de Côte Amalfitaine. Lorsque je repense à l’Italie, c’est cet alcool qui me vient en tête ou au nez ou en bouche… Plusieurs vous diraient que l’Italie ce sont les pâtes ou le vin et nous aurions tous raison. Mais pour moi c’est le citron et le pesto.

    cof
    La route des citrons

    Une superbe promenade entre les villages de Maiori et Minori: la route des citrons. Au loin, il y a la mer et juste en baissant les yeux: les citronniers. On peut aussi fermer les yeux et laisser notre nez se délecter de l’odeur, la laisser nous imprégner à jamais.

    Mes souvenirs sont souvent olfactifs peut-être parce que chez nous l’amour était beaucoup exprimé de cette façon. C’est drôle j’entendais Kim Thuy en entrevue cette semaine qui disait la même chose des Vietnamiens

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    Étale de citrons sur la Côte amalfitaine

    Alors, il y a dix jours lors d’une visite au Costco, nous avons acheté un grand sac de citrons en prévision de la fameuse recette de Limoncello. Et puisque, cette semaine, j’avais un peu pigé dans le sac pour une autre recette, j’avais été obligé d’en racheter d’autres pour les remplacer.

    Le limoncello c’est l’affaire de mon chéri, depuis que je l’ai rencontré, il me parle de la fois où il en avait fait, à quel point c’était facile à faire et délicieux.

    Avant de commencer la recette, on constate une différence entre les citrons du Costco et les autres. Ceux de Costco étaient presque oranges, moins acides et la peau plus mince. Je me mets à douter des citrons orangés. Des citrons de Myers, connaissez-vous? Il paraît que ceux-ci sont le résultat d’un croisement entre le citron et la mandarine. D’un côté esthétique c’est très beau mais puisque nous ne somme pas spécialistes dans l’art d’enfermer le goût citronné dans l’alcool,  j’hésite.

    cof
    Pâtisserie De Riso, Minori

    J’ai laissé mon homme avec ses épluchures de citrons et je suis retournée à l’épicerie racheter des citrons bien jaunes. À mon retour un parfum d’agrumes embaumait la maison. On avait tellement de citrons, des dizaines dont la moitié avaient perdu leur peau.

    Je pense que je vais me lancer dans la confection de tartes aux citrons ou de « Delizie al limone » gâteau à la crème de citron qui me rappellera Minori ou de carrés aux citrons qui me rappeleront ceux de ma mère.

    Je m’étais dit:  je vais commencer à écrire sur mon nouveau blogue le 1er janvier.  Un blogue vierge  pour un début d’année et là je vais être disciplinée et écrire au moins une ligne par jour, bonne ou pas bonne, il faut s’exercer.

    Puis hier soir j’ai commencé à utiliser la nouvelle interface, tellement plus conviviale et actuelle et je me suis dit pourquoi pas.

    Y-a-t-il pire à suivre qu’une résolution pris le premier jour de l’an? Peut-être qu’en commençant dès le 16 décembre, cela me donnerait deux belles semaines d’entraînement.

    Et puis, il y a aussi le fait que l’on ressent le besoin de prendre des résolutions quand l’année qui se termine a été mauvaise, mais moi je viens de vivre une des plus belles années de ma vie!

    Pourquoi un nouveau blogue j’aurais pu continuer à la suite des 223 billets publiés depuis 2015 Sur le coin de la table? Au moins faire un chiffre rond à 225? J’ai envie de paraphraser un politicien canadien: parce que l’on est en 2018 dans quelques jours.

    Aussi parce qu’en 2018 j’aurai 50 ans et c’est en quelque sorte mon premier cadeau de moi à moi. La vie passe tellement vite!

    Puisque je suis en avance sur les résolutions, pourquoi ne pas aussi l’être sur les voeux: Lisez-moi, aimez-moi, partagez-moi, ajoutez-moi à vos favoris, abonnez-vous et suivez-moi sur les réseaux sociaux.

    En attendant, je lève mon verre, un petit spritz italien…

    À Bientôt

    Josée