Je suis livrophile

Je suis livrophile

Nous avons tous nos petites manies, des objets que nous aimons collectionner, qui nous réconfortent, qui nous donne l’impression d’être à la maison. D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours aimé les livres. J’aime en avoir en quantité, des lus, des non lus, pour être certaine de ne jamais en manquer. J’aime l’objet, cette ouverture sur l’imaginaire. Je n’ai pas besoin de les acheter neufs, même que j’ai un certain plaisir à les avoir usagés, à savoir que d’autres ont déjà lu. J’aime à les lire, à les prêter, à partager le plaisir de cette découverte, à faire partie d’une communauté de lecteurs.

J’ai commencé à fréquenter les bibliothèques à l’âge de 10 ans, c’était l’époque où avec mes parents, nous avions quitté le Canton Arnaud pour la ville de Sept-Iles, à peine 10 km plus loin. Cependant pour moi c’était toute une différence puisque avec mon vélo j’avais accès par moi-même à plein d’activités, dont la fameuse bibliothèque de Sept-Iles. Ayant été enfant unique jusqu’à l’âge de 9 ans, j’avais réussi à développer une certaine indépendance et la solitude ne me rebutait pas, avec un livre on n’est jamais seule.

À notre arrivée à Québec, plusieurs fois par mois,  nous partions en famille, emprunter nos livres à la bibliothèque Gabrielle Roy. C’était un endroit fantastique, tout neuf et tellement moderne pour l’époque.  En plus d’une collection impressionnante de livres, nous avions accès à une sélection musicale que nous pouvions écouter sur place. Rapidement malgré mes 12 ans, j’ai eu la permission de me rendre seule au centre-ville en autobus, échanger mes livres. Ce n’est pas grave d’être seule dans une bibliothèque, avec tous mes livres j’étais toujours en bonne compagnie. J’ai très jeune pris l’habitude de ne jamais sortir sans un livre. Aujourd’hui, dans mon trajet entre la Rive-sud et Montréal, il y a aussi les livres audio qui m’accompagnent.

Au début des années 2000, j’ai entrepris des études en littérature, j’avais besoin d’une permission pour écrire comme si un diplôme venait justifier mon droit d’écrire.  J’espérais qu’un jour un livre porterait mon nom.  C’est un rêve qui est toujours en construction. Des manuscrits en chantier qui traînent comme les cônes orange sur les routes de la ville de Montréal.

Une chose est certaine, des études littéraires cela restent des traces bien visibles dans ma bibliothèque. Après des travaux chez moi, ma bibliothèque personnelle s’est vue recouverte d’une fine couche de poussière de plâtre. J’ai donc dû amoureusement nettoyer chacun de mes livres. Durant les dernières années une grande section de livres à lire a grossi.  Je les ai patiemment rangé en ordre alphabétique.

La découverte de tous ces livres non lus m’a d’abord affolée, je les regardais un peu honteuse d’avoir failli à ma tâche de lectrice.  Il y avait aussi un certain nombre de livres débutés et abandonnés en cours de lecture, pendant mes études en littérature, les lectures imposées dépassaient largement mon temps libre.  Mon esprit cartésien a envisagé une certaine stratégie de lecture, l’établissement d’une liste avec des échéanciers précis. Devrais-je y aller pas ordre alphabétique d’auteur? de titre? de collection? Finir rapidement les livres commencés? Devrais-je restreindre ma compulsion d’achat de livres  le temps d’avoir réduit le pourcentage de livres non lus? Où devrais-je tout simplement accepter ma manie et envisager l’achat de quelques tablettes supplémentaires?

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