Derrière notre immense lilas, j’ai mis en terre deux petits arbustes dont les petits fruits à maturité deviendront bleus. Le bleuet sauvage est semble-t-il un super aliment aux propriétés bienfaisantes. Ils ne poussent pas seulement à Brossard ou au Lac Saint-Jean, mais aussi dans ma Côte-Nord natale.

Dans mon souvenir de jeune fille, ils finissaient dans de grands seaux blancs qu’avaient remplis mon grand-père Johnny et après quelques heures à embaumer la cuisine du Canton Arnaud, ils terminaient en confiture sur du pain maison tout chaud ou dans de délicieuses tartes.

La veuve K. ou la vie de château
par Marie-Françoise Chevallier Le Page

Résumé:
Veuve depuis peu, Madame K., la cinquantaine alerte, reçoit une mystérieuse invitation destinée à son défunt mari. Par curiosité et par amour du jeu, elle décide de s’y rendre sous un nom d’emprunt…

C’est le début d’une série de péripéties burlesques donnant lieu à d’étonnantes rencontres mettent en scène maîtres, invités et valets aux prises avec la vie de château.

Sorti le 9 février 2017 aux éditions de la Safranède

Genre: Romance, humour, suspense

Ce que j’en ai pensé:

J’ai bien aimé le premier roman de Marie-Françoise Chevalier Le Page. Ce qui semblait au départ, un roman léger s’est avéré un suspense bien mené et rempli d’humour. Connaissons nous tout de la vie de celui qui partage notre vie? Même au delà de la mort Madame K en apprendra. Le personnage de la veuve est attachant.

***1/2 sur 5

 

 

Notre potager compte huit plants de tomates. L’an dernier j’en avais deux et la récolte avait été pathétique. Cette fois, chaque plant regorge de promesses, ces petites fleurs jaunes sur lesquelles un petit fruit se gonflera de soleil. J’aime les cueillir encore chaudes comme des touristes effrontés étendus sur la plage. Je les tranche et les arrose d’huile d’olive. Après je saupoudre quelques feuilles de basilic finement hachées.

Un délice!

24 juin, journée en l’honneur du Québec et des Québécois. En cette année électorale, je manque d’enthousiasme en regard de l’avenir de ma nation. J’en viens à me demander ce que je ferai de mon vote. Je suis comme une catholique des années soixante-dix, remplie de doutes.

Mon chéri me répète: si à vingt ans tu n’es pas de gauche, tu n’as pas de cœur, mais si à cinquante ans tu n’es pas de droite, tu n’as pas de tête. Si l’on prend en compte la définition de la droite québécoise, je ne suis pas loin de lui donner raison. J’ai l’impression de payer de plus en plus d’impôt et de recevoir de moins en moins en échange.   J’avance en âge et je m’inquiète des ratées du système de santé. Il ne s’agit pas d’avoir un médecin de famille il faut encore pouvoir le voir lorsque nécessaire.

Lorsque l’on se promène dans les rues de Montréal, la tête levée vers le ciel,  les nombreuses grues nous rappellent la prospérité actuelle. Nos problèmes ne sont pas économiques mais organisationnels. Le Québec est comme ses routes: en reconstructions. On sent que de grandes choses sont à venir. Qui sera l’artisan de ces changements? Qui nous sortira de cette inertie?

Après avoir collectionné quelques tampons dans mon passeport, je demeure persuadée qu’il y a pas d’endroit plus agréable à vivre, entre autres parce que c’est ici que sont les gens que j’aime.

 

J’erre seule à la recherche du premier mot,
et je me répands dans le silence.
D’où me viendra ce mot?
On me le murmurera à l’oreille
ou il est déjà là, à attendre sagement la permission de se transformer en phrase?

Derrière ces mots se cachent mes émotions, mes opinions et parfois,
je me moque gentiment en empruntant la vie d’autres personnages,
schizophrène heureuse ou actrice revêtue de mes textes.

Tous les jours, je me lance sans filet,
espérant trouver un sujet qui saura vous toucher,
des histoires que je susurrerai,
des histoires qui m’habitent depuis longtemps
et qui ne souhaitent que prendre forme sous ma plume.

Je me dédouble, deviens écrivaine, me mets à rêver
de surpasser ce sentiment d’imposteur,
à rêver que l’effort d’écrire se transforme en plaisir.

Et là, je couche sur le papier des mots que j’espère éloquents, intrigants,
leur assemblage en phrases les rend déjà plus forts,
le rythme des phrases m’emporte.

Lorsque mes textes sont terminés, ils ne m’appartiennent plus,
vous les attrapez et les faites revivre à votre façon,
la solitude n’est plus là,
il y a moi, le texte et vous

J’ai passé la journée de mon anniversaire à m’exercer à écrire. La question du jour était: comment une riche famille anglophone passait les mois d’été en 1898? J’ai hésité entre le Bas Saint-Laurent et Charlevoix. D’un côté ou l’autre du fleuve les riches Canadiens et Américains s’offraient des vacances dans de belles et grandes maisons. Il paraît même que la famille d’un ancien président américain passait ses vacances à Pointe-au-Pic. Ma nostalgie naturelle a englobé plus grand que moi. J’ai bien l’impression que l’écriture de ce roman me propulsera dans les souvenirs profonds du Québec…j’adore!

J’ai surtout constaté que comme dans la chanson de Paul Piché:

L’été, c’est tellement bon quand t’as la chance
D’avoir assez d’argent pour voyager sans t’inquiéter
Pour le fils d’un patron, c’est les vacances
Pour la fille du restaurant, c’est les sueurs pis les clients

 

J’ai passé toute l’année à appréhender cette journée, comme si cette nouvelle dizaine sur mon gâteau d’anniversaire serait plus lourde que les quatre qui l’avaient précédée. Je l’ai enrobée d’une longue réflexion sur ma vie qui a abouti en un bilan en deux colonnes.  C’est quand même long 50 ans, j’en ai fait des choses, mais j’ai encore tellement de choses à vivre. J’avais besoin de temps et peu importe les conséquences je m’offre ce temps. Ce projet d’écriture devient vital. Cette fin de semaine, j’ai marqué le coup entouré des miens. J’ai reçu la dose d’amour nécessaire et le courage pour remplir les pages de mon livre, celui dont je rêve depuis si longtemps.

Je vous disais dans mon dernier billet que l’histoire commençait en 1898, lorsque les frères Clarke arrivaient sur la Côte-Nord en goélette et bien laissez-moi vous raconter une anecdote. J’ai reçu en cadeau, le livre écrit par mon beau-frère, Mario Bergeron (2 frères au Klondike…), on ne se connaît pas encore beaucoup mais nous avons en commun d’être tombés en amour avec le frère et la sœur Douville, et bien son histoire débute en 1898, avec son ancêtre Pierre Guévin qui a tenté la ruée vers l’or au Klondike.  Parions que les frères Clarke croiseront d’une façon ou d’une autre le fameux Pierre.