La « Costa Del sol », traduit librement, la côte du soleil porte bien son nom, nous voilà transformés en lézards se dorant au soleil, non en caméléon puisque nos corps prenent doucement les teintes brunes des longues plages de Málaga.

Nous adoptons sans effort l’horaire de nos hôtes espagnols en déplaçant tous les repas vers le soir, nous prenons de légers petits déjeuners vers 11h, en nous dêlectant de jus d’oranges fraîchement pressées et puis vers 17h nous prenons l’apéro accompagné de quelques tapas. Nous rentrons ensuite à l’hôtel, pour en ressortir après 21h pour le souper.

Sur la plage, de jeunes hommes jouaient à un jeu de ballon intégrant un petit trampoline pour faciliter les échanges. C’était pas mal.

À l’ombre du pont Champlain, la vie se décline de diverses façons. Il y a d’abord quelques espèces aux jambes multiples qui se glissent dans les interstices de la terrasse et profitent du moindre trou pour y loger une famille nombreuse. D’autres, aux corps gluants, ondulent sous les tulipes, les lys et les iris profitant l’un comme l’autre de la terre fraîchement engraissée du jardin.

Un peu plus haut, figés aux pieds, les cheveux au vent, des arbres aux couleurs et aux feuillages variés trônent comme de grands sages et servent de piste d’atterrissage aux oiseaux qui se foutent des limites légales du voisinage en chantant à tue tête.

Et puis il y a moi, spectateur admiratif, café à la main.

Derrière notre immense lilas, j’ai mis en terre deux petits arbustes dont les petits fruits à maturité deviendront bleus. Le bleuet sauvage est semble-t-il un super aliment aux propriétés bienfaisantes. Ils ne poussent pas seulement à Brossard ou au Lac Saint-Jean, mais aussi dans ma Côte-Nord natale.

Dans mon souvenir de jeune fille, ils finissaient dans de grands seaux blancs qu’avaient remplis mon grand-père Johnny et après quelques heures à embaumer la cuisine du Canton Arnaud, ils terminaient en confiture sur du pain maison tout chaud ou dans de délicieuses tartes.

La veuve K. ou la vie de château
par Marie-Françoise Chevallier Le Page

Résumé:
Veuve depuis peu, Madame K., la cinquantaine alerte, reçoit une mystérieuse invitation destinée à son défunt mari. Par curiosité et par amour du jeu, elle décide de s’y rendre sous un nom d’emprunt…

C’est le début d’une série de péripéties burlesques donnant lieu à d’étonnantes rencontres mettent en scène maîtres, invités et valets aux prises avec la vie de château.

Sorti le 9 février 2017 aux éditions de la Safranède

Genre: Romance, humour, suspense

Ce que j’en ai pensé:

J’ai bien aimé le premier roman de Marie-Françoise Chevalier Le Page. Ce qui semblait au départ, un roman léger s’est avéré un suspense bien mené et rempli d’humour. Connaissons nous tout de la vie de celui qui partage notre vie? Même au delà de la mort Madame K en apprendra. Le personnage de la veuve est attachant.

***1/2 sur 5

 

 

Notre potager compte huit plants de tomates. L’an dernier j’en avais deux et la récolte avait été pathétique. Cette fois, chaque plant regorge de promesses, ces petites fleurs jaunes sur lesquelles un petit fruit se gonflera de soleil. J’aime les cueillir encore chaudes comme des touristes effrontés étendus sur la plage. Je les tranche et les arrose d’huile d’olive. Après je saupoudre quelques feuilles de basilic finement hachées.

Un délice!

24 juin, journée en l’honneur du Québec et des Québécois. En cette année électorale, je manque d’enthousiasme en regard de l’avenir de ma nation. J’en viens à me demander ce que je ferai de mon vote. Je suis comme une catholique des années soixante-dix, remplie de doutes.

Mon chéri me répète: si à vingt ans tu n’es pas de gauche, tu n’as pas de cœur, mais si à cinquante ans tu n’es pas de droite, tu n’as pas de tête. Si l’on prend en compte la définition de la droite québécoise, je ne suis pas loin de lui donner raison. J’ai l’impression de payer de plus en plus d’impôt et de recevoir de moins en moins en échange.   J’avance en âge et je m’inquiète des ratées du système de santé. Il ne s’agit pas d’avoir un médecin de famille il faut encore pouvoir le voir lorsque nécessaire.

Lorsque l’on se promène dans les rues de Montréal, la tête levée vers le ciel,  les nombreuses grues nous rappellent la prospérité actuelle. Nos problèmes ne sont pas économiques mais organisationnels. Le Québec est comme ses routes: en reconstructions. On sent que de grandes choses sont à venir. Qui sera l’artisan de ces changements? Qui nous sortira de cette inertie?

Après avoir collectionné quelques tampons dans mon passeport, je demeure persuadée qu’il y a pas d’endroit plus agréable à vivre, entre autres parce que c’est ici que sont les gens que j’aime.

 

J’erre seule à la recherche du premier mot,
et je me répands dans le silence.
D’où me viendra ce mot?
On me le murmurera à l’oreille
ou il est déjà là, à attendre sagement la permission de se transformer en phrase?

Derrière ces mots se cachent mes émotions, mes opinions et parfois,
je me moque gentiment en empruntant la vie d’autres personnages,
schizophrène heureuse ou actrice revêtue de mes textes.

Tous les jours, je me lance sans filet,
espérant trouver un sujet qui saura vous toucher,
des histoires que je susurrerai,
des histoires qui m’habitent depuis longtemps
et qui ne souhaitent que prendre forme sous ma plume.

Je me dédouble, deviens écrivaine, me mets à rêver
de surpasser ce sentiment d’imposteur,
à rêver que l’effort d’écrire se transforme en plaisir.

Et là, je couche sur le papier des mots que j’espère éloquents, intrigants,
leur assemblage en phrases les rend déjà plus forts,
le rythme des phrases m’emporte.

Lorsque mes textes sont terminés, ils ne m’appartiennent plus,
vous les attrapez et les faites revivre à votre façon,
la solitude n’est plus là,
il y a moi, le texte et vous