Lorsque je pense aux écrivains, je les vois toujours solitaires, isolés, comme si l’écriture ne naissait que dans le silence et le dur labeur. J’avoue qu’il y a quelque chose de romantique dans cette image, qui me plait bien. Il est vrai que les choses les plus intéressantes que j’ai écrites sont nées de l’introspection, qu’il est nécessaire d’entendre les mots avant de les écrire et que le calme est propice pour en arriver à cet état. Mais comme tout le reste, les choses changent et la réalité de l’écrivain aussi.

Nous sommes à une époque de communauté, chacun bien caché derrière son écran, mais ouvert sur le monde. Je n’ai jamais eu autant envie de me faire des amis, de trouver de mes semblables, c’est indispensable pour comprendre le monde de l’édition en 2018. Jusqu’à présent, mes efforts me mènent vers la France. Est-ce le nombre d’écrivains ou leur statut? Selon moi, la piste est d’abord là, la littérature demeure quelque chose d’inaccessible au Québec.

Si vous rêvez de devenir musicien et avez du talent, vous pourrez toujours vous inscrire à la Voix, à Star Académie, au festival de la chanson de Granby ou à celui de petite vallée. Nous formons des chanteurs en série, dans ce domaine nous avons une reconnaissance mondiale et les exemples ne manquent pas.

Sur le plan de la littérature, c’est autre chose. Lorsque j’ai annoncé mon projet d’écrire un livre, j’ai eu beaucoup d’encouragements de la part de mon entourage. Les gens à qui j’en parlais trouvaient mon projet ambitieux, on me regardaient avec envie comme quelqu’un qui annonce qu’il prendra une année sabbatique pour faire le tour du monde. Vouloir devenir écrivain c’est une utopie, c’est aussi aléatoire que d’acheter un billet de loterie. L’écrivain a peu ou pas de statut au Québec, quelques chanceux en vivent mais la plupart gagnent leur vie autrement et écrivent par vocation. Combien doivent abandonner faute de ressources?

Je trouve cela bien dommage. Un livre est tellement plus qu’une pile de papier, c’est une porte grande ouverte sur l’imaginaire, c’est l’ouverture sur le monde, c’est l’apprentissage de toutes les matières scolaires et de la langue française en particulier. Et cette langue, bien que semblable à travers l’ensemble de la francophonie à un accent qui nous est propre, les réalités qui sont dépeintes dans nos romans ont une couleur qui nous est propre.

Nous avons besoin de nous reconnaître dans la littérature. Comment un peuple peut-il s’affranchir sans culture littéraire? Il y a là, il me semble, sujet à réflexion.

Je m’installe tranquillement dans ma prochaine vie. Le weekend passé, j’ai réaménagé mon bureau, la table de travail était trop petite…dehors et remplacée par une grande table de travail en « L ». Mon portable dans ce nouvel environnement semblait minable, tellement petit, alors j’ai acheté un nouveau portable, c’est encourageant de débuter avec de nouveaux outils!

C’est encourageant, mais pas simple! C’est au moment où vous changez d’équipements électroniques que vous réalisez, le nombre de logiciels, d’applications, de mots de passe, que consomment ces petites choses. Vous voilà également face à la réalité virtuelle: vos anciens outils ont évolué! Vous les aviez quittés enfants, vous les réinstallez adolescents, les cheveux longs, rebelles… Que faire? Faire fit des nouveautés ou évoluer?

Me voilà donc à refaire les liens vers mes outils virtuels…un lien vous envoie vers un autre et un autre, clic sur une formation en ligne pour optimiser le nouveau logiciel…ouf!

Et mes doigts qui s’étaient habitués au petit clavier de mon petit portable se retrouvent un peu au dépourvu dans tout ce nouvel espace.

Qui aurait cru que j’aurais à faire une formation préalable pour devenir écrivaine?

C’est devenu comme une routine malsaine, à cinq heures, chaque matin, je me réveille. Même la fin de semaine, je dois lutter pour ne pas sortir du lit. Alors tant pis, je m’assois devant mon écran et je laisse libre cours à ce hamster fou.

Je ne sais pas si c’est cette période de transition vers mon année d’écriture ou si c’est cette grande enthousiaste de mettre sur l’écran tous ces mots qui se bousculent dans ma tête.  J’ai l’impression que les personnages de mon roman deviennent vivants et tentent de s’exprimer sans gêne, le jour comme la nuit, ils sont des chevaux fous lâchés dans la plaine.

J’avais déjà entendu ce genre de commentaire d’écrivains « mon personnage en a décidé ainsi », je n’y croyais pas trop, j’appréhendais beaucoup plus la page blanche. Il y a aussi ce phénomène de personnages secondaires qui exigent le projecteur, et à qui je dois calmer l’égo pour laisser un peu de place à mon personnage principal.

C’est quand même étrange le processus d’écriture…

Le soleil entre par la fenêtre de la cuisine de façon effrontée ce matin, me forçant à plisser les yeux pour écrire, mais je m’en fous qu’il prenne toute la place, qu’il fasse fondre la neige éternelle de l’hiver québécois, qu’il tire par les cheveux mes timides tulipes…rien ne parviendra à me voler mon enthousiasme.

C’est parti, je m’offre une année d’écriture à temps complet. J’ai l’impression d’avoir gagné à la loterie. C’était la meilleure façon d’aborder cette nouvelle étape de ma vie: la cinquantaine. Et puis je n’en reviens pas des encouragements que j’ai reçus. Comment pourrais-je ne pas mener ce projet à terme ?

Me voilà déjà happée par une histoire  qui pourrait bien être le début de mon roman, j’ai choisi un personnage principal qui me ressemble un peu: une femme au début de la cinquantaine. Pour le reste, bien que je me sois mis une certaine ligne à suivre, mon imagination m’entraîne déjà bien loin de moi.

Je suis très enthousiaste, je me suis jointe à quelques groupes d’auteurs francophones sur les réseaux sociaux et j’ai suivi quelques précieux conseils à commencer par l’achat du logiciel Scrivener, un traitement de texte amélioré (je l’adore), qui permet d’organiser mon projet d’écriture: les synopsis pour chacun des chapitres, les fiches de personnages, les lieux, l’histoire… J’ai aussi fait l’achat du correcteur Antidote, un logiciel québécois tout à fait incroyable qui en plus de réviser mes textes est un véritable cours sur la langue française.

Parallèlement, je m’intéresse à l’écriture des autres et je me suis donné comme défi de faire de la chronique littéraire en évaluant le travail d’autres écrivains. J’aborde ce défi très humblement sachant ce que mener à terme un projet d’écriture demande. Je sens que ce travail sera un grand apprentissage pour moi. Je vous invite donc, si la littérature vous intéresse, à suivre ces chroniques ici même sur le blogue de l’autre coin de la table, sous la rubrique  « Coin lectures« . Les auteurs qui me confient  leur précieux livre ne sont pas les plus connus (qui sait ? ils pourraient bien le devenir) ils éditent leur livre numériquement, pour la plupart en auto-édition, il faut être de son temps.

 Je promets de me remettre à l’écriture régulière de ce blogue, après tout c’est cette forme d’écriture qui m’a permis d’entrevoir le rêve d’écrire réellement, pour les autres, pas seulement dans des carnets personnels que j’empilais depuis des années. Quelques semaines encore avant le premier juillet, date à laquelle, en bonne Québécoise, je déménage de bureau, quittant pour une année le Plateau-Mont-Royal pour m’installer dans mon bureau de Brossard.

Bonjour Mesdames,
Je me suis mise très sérieusement à la rédaction de mon premier roman. Mon personnage principal est une femme qui franchira bientôt le cap des 50 ans (quel hasard!). Elle est en pleine crise du mi-temps de la vie. Vous savez chez les hommes on dit la crise de la quarantaine. Je recherche des femmes de 45-55 ans qui aimeraient me parler de leur expérience. On peut faire cela devant un café, un verre de vin, un brunch à 2 ou en groupe ou même par FaceTime. Merci de me contacter avec moi par courriel: josee.boudreau@hotmail.com si cela vous intéresse. Si vous avez des amies qui ont vécu des choses particulières et veulent aussi participer, elles sont les bienvenues.

Merci à l’avance

Cela m’a submergée, comme une grande vague. Est-ce l’approche de la cinquantaine? C’est évident que je n’y suis pas indifférente. Je suis dans l’urgence et dans l’incertitude. Qu’arriverait-il si la vie s’arrêtait demain, si on m’annonçait que c’était la fin, qu’un mal quelconque abrégerait mes jours? Suis-je en accord avec le bilan de ma vie?

La crise de la mi-temps de la vie toucherait la majorité des individus entre 45 et 55 ans. Pour certains c’est une catastrophe pour d’autres une simple période de transition.

Il y a plusieurs côtés de mon existence qui me plaisent. J’ai une vie amoureuse qui me comble, après toutes ces années de galère j’ai enfin rencontré la bonne personne, celle avec qui j’aime m’endormir et me réveiller tous les jours. L’homme qui sait d’instinct comment me rendre heureuse. Celui avec qui je me vois vieillir.

J’ai eu la grande chance de connaître la maternité avec toutes les joies et les douleurs que présupposent d’être aussi attaché à un autre être humain. Je comprends de mieux en mieux mon rôle et j’en accepte les limites.

J’ai une famille qui m’entoure et avec qui je voudrais tisser des liens encore plus étroits, je connais leur importance dans ma vie, je sais qu’ils ont tous à leur façon contribué à faire de moi la femme que je suis et je leur en suis reconnaissante.

J’ai voyagé, même si j’en ai jamais assez, j’ai de ce côté tellement de rêves. Je souhaite avoir la santé pour visité l’Inde, l’Argentine, quelques pays d’Asie et d’Afrique et tous ces pays d’Europe que je voudrais voir ou revoir. J’ai envie de remplir d’autres volumes de mes carnets de voyage.

Je me sens pourtant dans la tourmente, envahi par la crainte. Ai-je vraiment atteint mon plein potentiel? Suis-je sur la pente descendante? On dit qu’il est difficile de trouver un emploi après 50 ans, que les femmes de cet âge deviennent invisibles. Je me sens dans un carrefour. Comme si c’était la dernière fois que je pouvais faire un grand virage.

Depuis des années, j’ai une vie professionnelle bien rodée, un bon salaire, de bons avantages. Je pourrais facilement laisser aller les choses sur cette pente douce jusqu’à la retraite. Vivre d’une vacances à l’autre, d’une fin de semaine à l’autre. Je pense offrir une bonne prestation de travail basée sur une longue expérience malgré ma baisse d’enthousiasme.

De l’autre côté, il y a mon rêve accroché à l’inconnu financier et à l’incertitude sur mon talent littéraire. Cette idée qu’à plusieurs moments de ma vie pour des raisons d’insécurité je n’ai pas pris les bonnes portes. Et si ces portes se faisaient de moins en moins nombreuses? Faute de temps, ce manuscrit n’existerait que dans ma tête. Est-ce qu’en travaillant le soir et la fin de semaine j’y arriverai?

Et si à la toute fin je me disais : et si j’avais essayé?