J’ai passé la journée de mon anniversaire à m’exercer à écrire. La question du jour était: comment une riche famille anglophone passait les mois d’été en 1898? J’ai hésité entre le Bas Saint-Laurent et Charlevoix. D’un côté ou l’autre du fleuve les riches Canadiens et Américains s’offraient des vacances dans de belles et grandes maisons. Il paraît même que la famille d’un ancien président américain passait ses vacances à Pointe-au-Pic. Ma nostalgie naturelle a englobé plus grand que moi. J’ai bien l’impression que l’écriture de ce roman me propulsera dans les souvenirs profonds du Québec…j’adore!

J’ai surtout constaté que comme dans la chanson de Paul Piché:

L’été, c’est tellement bon quand t’as la chance
D’avoir assez d’argent pour voyager sans t’inquiéter
Pour le fils d’un patron, c’est les vacances
Pour la fille du restaurant, c’est les sueurs pis les clients

 

J’ai passé toute l’année à appréhender cette journée, comme si cette nouvelle dizaine sur mon gâteau d’anniversaire serait plus lourde que les quatre qui l’avaient précédée. Je l’ai enrobée d’une longue réflexion sur ma vie qui a abouti en un bilan en deux colonnes.  C’est quand même long 50 ans, j’en ai fait des choses, mais j’ai encore tellement de choses à vivre. J’avais besoin de temps et peu importe les conséquences je m’offre ce temps. Ce projet d’écriture devient vital. Cette fin de semaine, j’ai marqué le coup entouré des miens. J’ai reçu la dose d’amour nécessaire et le courage pour remplir les pages de mon livre, celui dont je rêve depuis si longtemps.

Je vous disais dans mon dernier billet que l’histoire commençait en 1898, lorsque les frères Clarke arrivaient sur la Côte-Nord en goélette et bien laissez-moi vous raconter une anecdote. J’ai reçu en cadeau, le livre écrit par mon beau-frère, Mario Bergeron (2 frères au Klondike…), on ne se connaît pas encore beaucoup mais nous avons en commun d’être tombés en amour avec le frère et la sœur Douville, et bien son histoire débute en 1898, avec son ancêtre Pierre Guévin qui a tenté la ruée vers l’or au Klondike.  Parions que les frères Clarke croiseront d’une façon ou d’une autre le fameux Pierre.

« La goélette glissait sur l’eau du fleuve. Du rivage, on aurait dit un grand oiseau blanc aux ailes déployées, le plus grand des goélands qui jouait avec les baleines du fjord. C’était une majestueuse deux mâts, fabriquée à l’île aux coudes. Elle s’appelait la Catherine-Marie du nom de leur mère, Catherine-Marie Scallion. »

Premier juin, j’ai trop hâte, dans trois semaines, je m’installe à résidence pour écrire. J’ai sur ma table de travail plusieurs projets d’écriture, au moins cinq. Depuis les derniers jours, il y en a un qui a pris le devant du peloton, c’est l’histoire d’un petit village de la Côte-Nord du Québec. D’une certaine manière, il m’accompagne dans tous mes voyages puisqu’il est inscrit sur mon passeport: Clarke City.  J’y suis née, mon père y a vécu. C’était un village autour d’un moulin de pâte et papier, un village fermé, inventée au début des années 1900 par les frères Clarke, les éditeurs de l’Encyclopédie Britannica.

Mon plan se dessine peu à peu, il s’agira d’une fiction débutant en 1898, librement inspirée de l’histoire du village. Reste à déterminer la part de vérité et de fiction. Je compte m’inspirer des histoires de mon père, qui malgré son peu de talent pour la pêche à une imagination assez fertile lorsque vient le temps d’améliorer les anecdotes.

D’ici là, je m’apprête à entrer dans la cinquantaine, une nouvelle étape qui fera de moi, enfin, une femme mûre.

 

Bienvenu dans le monde réel
Par Frédéric Marcou

Résumé:
Le professeur Fred est un homme clairvoyant, ses inventions sont nées de son imagination fertile et de son refus d’accepter la réalité telle quelle.

Sorti le 4 mai 2012

Genre: Nouvelles

Ce que j’en ai pensé:

Le livre comporte 3 parties: 1) des inventions loufoques, 2) un récit qui me semble autobiographique et 3) de la poésie

Le tout est un peu déroutant, presque malaisant. J’avais un peu l’impression d’être voyeur et je ne l’avais pas appréhendé.  Le narrateur, qui pourrait aussi être l’auteur, est  atteint d’une bien triste maladie, une maladie invisible à l’œil, une maladie mentale qui handicape toute sa vie et ses relations avec les autres. C’est rempli de sincérité.

Personnellement, j’ai préféré la poésie.

**1/2 /5

Le Québec est un curieux endroit où vivre. En mai, pour s’acclimater, les plants du potager se transforment en animaux de compagnie que vous devez sortir de la maison au lever du soleil et rentrer avant la rosée du soir.

Je t’oublie pas
Par Sébastien Didier

Sortie le 3 avril 2018

Auto-édité via la plateforme Stories by Fyctia
450 pages env.
Disponible sur tous les stores numériques : Amazon, Kobo, Google Play, iBooks, Cultura, Decitre, Bookeen, Mollat…

Genre: Policier, Thriller

Résumé:
Un seul SMS aura suffi à faire basculer la vie de Marc Vasseur. Un SMS de rupture. Mais pourquoi sa femme quitterait-t-elle du jour au lendemain une famille et une vie en tous points idylliques ?

L’enquête piétine. Et ce ne sont pas les voisins des Vasseur à Bellevue Park qui la feront avancer. Dans ce luxueux lotissement privé, discrétion et silence ont été érigés en art de vivre.

Trois mois après la disparition de Sandra, Marc reçoit un message accompagné d’une photo. Celle d’une jeune fille qu’il n’a jamais vue mais qui arbore un médaillon. Ce bijou, il le reconnaît, il en est sûr, c’est celui que portait Sandra. Celui qu’elle ne quittait jamais.
Que fait-il au cou de cette inconnue ? A-t-elle un lien avec la disparition de sa femme ?
Marc lance alors ses dernières forces à la recherche de cette fille. Et c’est un voyage au plus profond de la noirceur de l’âme humaine qui l’attend.

Ce que j’en ai pensé:

Ce premier roman de Sébastien Didier est assurément un suspense qui vous tiendra en haleine pendant ses quelque 400 pages, c’est d’ailleurs la plus grande qualité de ce récit.

Marc Vasseur vit avec sa femme Sandra et leur fille Lisa dans un lotissement français de grands luxes où la haute technologie et la grande sécurité enveloppement sa famille dans un cocon. C’est pour lui, comme pour les autres propriétaires de ce club sélect, la preuve de la réussite professionnelle. Tout ceci n’empêchera pas sa femme de disparaître en ne laissant qu’un texto comme trace de leur rupture.

Les personnages sont relativement attachants, la famille Vasseur: Marc, Robert et Lisa et  le détective Lombardier. Malgré le rythme rapide du récit qui m’a entraîné sans ennui du début à la fin, je n’ai pu qu’être agacée par plusieurs éléments d’invraisemblances.

Premièrement, nous apprenons assez tôt dans le récit que des événements fondateurs sont survenus il y a 20 ans. Quelques calculs nous laissent très sceptiques sur ce détail non négligeable. Sandra aurait été âgée de 16 ans, alors que l’on décrit Sandra comme une femme dans la quarantaine. De plus, au moment de sa disparition Sandra est professeur d’université et est mère d’une adolescente de seize ans. D’autre part, dans les premières pages du récit, un autre élément me laisse perplexe:

Il était rentré à la villa, abattu, sonné, groggy tel un boxeur dans les cordes.  Sa femme le quittait. Quinze ans de vie commune balayée à la vitesse de ses pouces sur l’écran de son IPhone.

De plus, les références musicales dont celle qui est une des clés à l’énigme laisse entrevoir que le personnage de Sandra est beaucoup plus une femme dans la quarantaine et que les événements fondateurs du récit sont arrivés il y a au moins 25-30 ans plus tôt.

Deuxièmement, le texto (SMS) de rupture signé par Sandra, qui est également une clé à l’énigme est un peu maladroit puisqu’à ma connaissance , personne ne signe un texto à moins d’écrire à un inconnu.

Troisièmement, que s’est-il passé pendant les trois premiers mois de la disparition?  On ne sait pas. Cela donne l’impression que personne n’a réagi.  Pourtant, le récit se déroule dans une courte période à peine quelques jours que l’auteur se donne même la peine de scinder à l’aide d’un chronomètre heure et minute. Alors pourquoi ce délai de trois mois?

Finalement, le récit fait beaucoup trop de placement de produits, étalant sans raison les marques de véhicule ou ceux des objets de luxe, il me semble qu’une description plus subtile de la richesse aurait eu un impact plus grand sur l’histoire.

Malgré le ton un peu sévère de ma critique, j’ai hâte de lire à nouveau Sébastien Didier qui me semble un auteur prometteur.

***/5

 

Je suis à l’aéroport. Je ne pars pas, j’attends mon chéri. Il a manqué le début du printemps.

J’aime beaucoup les arrivées à Montréal-Trudeau, nous sommes des dizaines installés derrière des cordes de sécurité et nous attendons, la plupart d’entre nous, avec le sourire, certains ont même de jolis bouquets de fleurs. Nous étirons le cou dans l’espoir de reconnaître l’être aimé, parmi les voyageurs devançant de quelques pas les roulettes de leur valise qui les suit comme un enfant docile qui leur tient la main. À cette période de l’année, il est facile de deviner, par leurs chaussures ou par la longueur de leurs bas, si les voyageurs sont ou non en provenance du Sud, la couleur hâlée de leur peau vient confirmer le tout.

Le plus beau ce sont les retrouvailles, une reconstitution de la scène finale du célèbre film « Love Actually » du réalisateur Richard Curtis. C’est long une semaine, loin de celui que l’on aime!